Automne 1918, Edmond Rostand est une dernière fois à Arnaga, sa maison du Pays Basque. Ce n’est pas une maison, c’est une île où il se tient tour à tour pelotonné ou le cou tendu vers l’horizon. Il s’y est rendu en compagnie de Mary Marquet, son ultime conquête au bout d’une vie amoureuse et familiale compliquée.

Edmond Rostand dans son salon
Edmond Rostand dans son salon © Getty / Hulton Archive

Automne 1918, Edmond Rostand est une dernière fois à Arnaga, sa maison du Pays Basque. Ce n’est pas une maison, c’est une île où il se tient tour à tour pelotonné ou le cou tendu vers l’horizon. Il s’y est rendu en compagnie de Mary Marquet, son ultime conquête au bout d’une vie amoureuse et familiale compliquée.

Et c’est l’armistice du 11 novembre. Il est de retour à Paris. Il meurt le 2 décembre, anniversaire d’Austerlitz. 

Le public du théâtre, si important à l’époque, l’avait fait roi, en 1897, avec Cyrano. Après L’Aiglon, l’Académie l’avait élu, à 33 ans. La Troisième République l’avait recruté pour incarner dans son œuvre et sa personne le panache des différentes époques de  l’histoire de France

Et puis était venu l’effroyable gâchis mécanisé de 14-18. Rostand aimait l’honneur et la gloire, certes, mais pas la guerre. Et surtout pas la guerre moderne qui fauchait mécaniquement les jeunes hommes qui s’étaient reconnus dans son goût de la singularité. 

Avec elle s’effondrait le monde dont il avait été l’illustration.

Avant même que la grippe espagnole ou la pneumonie ne le touche, il n’était plus.

« Ci gît Hercule Savinien

  De Cyrano de Bergerac 

  Qui fut tout et qui ne fut rien… »

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