L'histoire d'une brève période, faite de peu de films qui essayèrent de faire surgir la vraie vie de ceux que négligeait la grande machine cinématographique.

ean Gabin et Viviane Romance dans "La belle équipe" de Julien Duvivier en 1936
ean Gabin et Viviane Romance dans "La belle équipe" de Julien Duvivier en 1936 © Sipa / NANA PRODUCTIONS/SIPA

Les milieux et les associations qui préparaient le Front populaire dénonçaient la souveraine indifférence des lobbies patronaux. A l’opposé, du côté des producteurs, on criait au loup. Alors que la France mettait sur le marché quelque 150 films en 1930, il n’y en avait plus que 110 cinq ans plus tard.

Gaumont était mis en liquidation en 1935, Pathé était en faillite l’année suivante ! Les exploitants, eux, se plaignaient de la diminution du nombre des spectateurs : dans les banlieues appauvries par la grande crise, il fallait les retenir en leur servant un bock et un casse-croûte !

Les milieux et les associations qui prirent le pouvoir avec le Front populaire imaginèrent une autre organisation pour le secteur. Pas nécessairement une production par l’Etat comme en Union soviétique. Les militants avaient plutôt une préférence pour les formes coopératives, à l'image de la guinguette commune de "La belle équipe". Chez les politiques, se faisait jour la volonté de rendre les recettes plus transparentes afin d'en redistribuer une partie vers des films documentaires ou plus "culturels". Le ministre en charge du secteur, Jean Zay, n’eut cependant pas le temps de faire aboutir son projet de statut du cinéma non plus qu'il n'eut le temps d'inaugurer le premier festival de Cannes.

Des films de cette époque, tous ne sont pas conservés, loin de là. La création de l'association de la Cinémathèque était aussi une idée utile de 1936 ! Dans la production d'ensemble, les films d'esprit Front populaire étaient loin d'être les plus nombreux. C'était aussi une haute époque pour les nanars, les films coloniaux, les comédies de Sacha Guitry : il en sortait une par an, ce qui faisait dire au dialoguiste Henri Jeanson qu'à chaque fois, il avait envie de faire la révolution. L'histoire d'aujourd'hui sera donc celle d'une brève période, faite de peu de films qui essayèrent de faire surgir la vraie vie de ceux que négligeait la grande machine cinématographique.

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