Soldats français dans une tranchée à Diên Biên Phu
Soldats français dans une tranchée à Diên Biên Phu © domaine public

Jean-Paul Hamel est en dernière page de "Ouest-France" ce mardi. A 88 ans, il pose avec sa femme. En arrière-plan, encadrée, la photo de la une de "Match" qui lui était consacrée, en 1954. Il raconte qu'il était déjà rapatrié, grièvement blessé, à Paris quand il apprit à la radio la défaite de Diên Biên Phu.

Le sergent Jean-Paul Hamel est allé une fois, deux fois, trois fois en Indochine. Il appartenait au corps expéditionnaire français : ce n'étaient pas des soldats du contingent qui étaient expédiés là-bas !

En novembre 1953, il fait partie des paras qui prennent le site de Diên Biên Phu afin d'y poser un verrou entre le Nord-Vietnam et le royaume associé du Laos dont le Vietminh veut prendre le contrôle. A Noël, pendant que le Parlement à Versailles élit laborieusement le président Coty, les troupes de Giap ont déjà encerclé le camp retranché, réputé inexpugnable. Mi-mars 1954, Giap a rassemblé assez d'artillerie sur les collines alentour, réputées inaccessibles, pour lancer sa première offensive.

C'est à ce moment que Jean-Paul Hamel est atteint par un obus. Il raconte à "Ouest-France" qu'il a vu son bras tomber et gigoter. Pour le journal, il pose avec son alliance, qu'il a récupérée aussitôt."La montre, dit-il, je l'ai reprise aussi mais jetée, plein d'une colère terrible".

Il est vrai que les Français, quand ils s'intéressent enfin, avec la défaite, à ce conflit qui ne les concernait guère, ont de quoi être en colère.

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