Affiche allemande pour recherche des auteurs de l'attentat de Nantes du 20 octobre 1941 contre le Commandant Hotz
Affiche allemande pour recherche des auteurs de l'attentat de Nantes du 20 octobre 1941 contre le Commandant Hotz © cc / Emmanuel de Chambost

1944, la répression est à son sommet. Le risque d’être fusillé par les troupes de passage grandit. Des cours martiales de hasard se réunissent en moins de temps qu’il ne fait pour le dire : elles sont issues de la Milice et des Groupements Militaires de Réserve que le régime de Vichy a laissé faire. Les tribunaux ordinaires de celui-ci avaient déjà auparavant prononcé nombre de peines de mort contre les « terroristes ». Le régime avait même tenté une expérience extrême : celle des « sections spéciales » afin de juger sans appel « les auteurs des infractions commises dans une intention d’activité communiste ou anarchiste ». Mais, dès le début de l’occupation, les tribunaux militaires allemands avaient prononcé des peines de mort. C’est eux qui furent les premiers responsables. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de collaboration de la police et des autorités civiles françaises, par exemple pour désigner les otages. Au nom d’une codification qui prétendait respecter des règles de droit, près de 900 otages ont été exécutés en représailles d’actes anti-allemands.

Otages, auteurs d’actes de franc-tireur… Les différenciations ont leur importance. Le comptage aussi. Depuis la Libération, des chiffres extravagants ont en effet été produits, par souci idéologique plus qu’historique. Mais, une fois quelques vérités arithmétiques rétablies, il est temps d’entrer dans la complexité des parcours. Un gigantesque Dictionnaire des fusillés qui vient de paraître en reconstitue ainsi rien moins que 4525. Et chacun a sa singularité.

Le plus exceptionnel est peut-être celui de Paul Novara. Soldat allemand, d’origine polonaise, membre d’un peloton d’exécution à Bourges en 1942, il refusa de faire feu contre Albert Girouille qui avait été dénoncé parce qu’il cachait des fusils au fond de son jardin. L’officier obligea Novara à rejoindre Girouille. Ils moururent ensemble.

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