Caricature révolutionnaire. « J'savois ben qu'j'aurions not tour ! »
Caricature révolutionnaire. « J'savois ben qu'j'aurions not tour ! » © 1789 - Caricature révolutionnaire. « J'savois ben qu'j'aurions not tour ! »

C'est un moment décisif. Louis XVI croit prolonger la vieille tradition des Etats généraux, qui avaient l'habitude de communier avec lui. Mais avec leur convocation de 89, il va faire de ceux qui n'étaient que ses sujets des membres de droit d'un corps politique nouveau.

Ce corps, d'abord, se dote de bouches innombrables. Et les cahiers de doléances qui surgissent de partout sont bien autre chose que des suppliques. La plainte devient vite politique.

Et, d'un même mouvement, sont élus par les paroisses ou les corps de métier des délégués qui se retrouvent ensuite dans des assemblées intermédiaires qui vont à leur tour désigner les députés à envoyer à Versailles. Et ces députés seront implicitement porteurs du mandat formulé par les cahiers. Le système représentatif qui va se mettre en place est perméable aux attentes du peuple.

Aujourd'hui, le pouvoir législatif, outre qu'il est dominé par l'exécutif, est beaucoup plus isolé des électeurs. Les leaders d'opinion veulent créer l'évènement en levant des tabous, en dévoilant ce qui serait caché. Et, du coup, les demandes évidentes du plus grand nombre ne sont plus prises en compte.

En 2012, il importe de revenir sur le moment fondateur de l'écoute politique: la saison des cahiers de doléances.

Les liens

Médiapart - 2012: un cahier de doléances

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