Dans l'Europe de la Renaissance, quand on organisait une fête, le personnage travesti qui jouait le Turc représentait l'Ennemi mais un ennemi à qui on devait bien reconnaître de l'allure. Et lorsqu'on présente encore Soliman le télégénique sur nos écrans –tel "péplum" italien des années 60, telle exploration des "secrets de l'histoire" des années 2000 -la fascination qu'il a exercée naguère sur ses ennemis joue encore.

Tuğra (signature) de Soliman 1er Le Grand - 1520
Tuğra (signature) de Soliman 1er Le Grand - 1520 © Metropolitan Museum of Art

Et voilà qu'il y a quatre saisons, une chaîne privée turque entame une série qui en est maintenant à plus de cent épisodes : "Un siècle magnifique" . C'est un triomphe au pays qui énerve rapidement le nouveau sultan, le Premier ministre Erdogan. La diffusion concerne ensuite jusqu'à l’Asie centrale. Le Proche-Orient arabe et, plus surprenant peut-être, Chypre, la Grèce, les Balkans regardent en chœur: toutes les terres sur lesquelles régnait le commandeur des croyants...

L'Occident va devoir abandonner son habitude de dénoncer le "joug turc" qui aurait été partout maudit ! Décidément, on ne sait jamais de quoi le passé sera fait. Surtout quand il est fabriqué par les écrans.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.