Victorien Sardou est un auteur réputé quand il s’attaque aux dirigeants et aux agents de la Terreur. Sa pièce « Thermidor » ne manifeste nulle indulgence pour eux. Acceptée par le comité de lecture de la Comédie française, elle ne pourra être présentée dans le calme. Dès le second soir, des perturbateurs d’extrême gauche menés par l’ancien communard Lissagaray organisent le tapage.

Faut-il interdire la pièce, par une mesure de censure répressive, prise au nom du maintien de l’ordre ? Le problème tient-il seulement au caractère officiel de la Comédie-Française, premier théâtre subventionné ? La vraie question n’est-elle pas de savoir si on peut, en régime républicain, critiquer la Révolution ? Le républicain Joseph Reinach défend la liberté de l’art dramatique mais le radical Clemenceau se dresse : c’est lors de cette séance qu’il prononce sa fameuse maxime : « La révolution est un bloc ! »

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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