Selon Hitler, l’Allemagne, au lendemain de la Grande Guerre qu’elle n’avait pas mérité de perdre, vivait une fin du monde.

Parade nazi en 1923 à Munich
Parade nazi en 1923 à Munich © Getty / Hulton Archive / Intermittent

Selon Hitler, l’Allemagne, au lendemain de la Grande Guerre qu’elle n’avait pas mérité de perdre, vivait une fin du monde. Sa population pervertie était devenue inféconde. La pyramide des âges se creusait. L’anémie biologique gagnait.

Le nazisme n’était pas seulement une réaction contre cette dégénérescence. Il avançait une proposition qui n’était rien moins qu’une révolution. Une révolution au sens ancien du mot : un retour au point de départ du cycle germanique.

Le nazisme, c’est un récit imposé de l’origine supposée de la race germanique qui se propose de l’extraire de la sédimentation historique qui l’a recouverte. Une fois débarrassée des idées d’égalité, de fraternité, d’humanité qui l’ont défigurée, la race reprendra le visage qui lui convient, celui du combat.

Il lui restera à se projeter par la guerre dans l’espace vital qui lui a été réservé de tout temps et où elle fera régner sa grande paix qui durera mille ans - autant dire l’éternité puisque l’histoire qui avait été malveillante avec elle, enfin sera fixée.

Les simples électeurs qui avaient voté pour le parti parce qu’il invoquait l’ordre ou ceux qui, même sans avoir voté pour lui, se satisfaisaient de voir les trains arriver à l’heure, n’ont pas vu qu’ils avaient donné les clés de la maison à des déménageurs. Des déménageurs qui allaient trier dans le matériau humain ce qui devait être encouragé, le séparant des encombrants dont il fallait se débarrasser au plus vite.

Chanson d'après le film La Habanera (1937) : Der Wind hat mir ein Lied erzählt

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