C’est un roman où les idées et les questions engendrent les personnages. La question de l’éducation, celle de la pénalité, celle de la prostitution… Et ensuite les personnages produisent le drame. C’est un roman. Soit. Mais, comme ce livre est fait pour tout dire, c’est tout autant un livre d’histoire.

Jean Valjean en prison dans le film Les Misérables avec Frédéric March
Jean Valjean en prison dans le film Les Misérables avec Frédéric March © Getty / George Rinhart

C’est un roman  où les idées et les questions engendrent les personnages. La question de l’éducation, celle de la pénalité, celle de la prostitution… Et ensuite les personnages produisent le drame.

C’est un roman. Soit. Mais, comme ce livre est fait pour tout dire, c’est tout autant un livre d’histoire. D’histoire politique et sociale à la fois. « Pourquoi, demande Hugo, l’une serait-elle de bronze et pas l’autre ? »

C’est, en fait,  un livre religieux. L’auteur l’affirme tout en haut de l’une des préfaces qu’il destine à la première édition, en 1862. Dès l’épisode chez l’évêque de Digne, Mgr Myriel – épisode qui est un ensemencement, chaque intrigue baigne dans un climat de rédemption, une lumière divine. 

On sait quelles images suggèrent quasi automatiquement Les Misérables : c’est une montagne, un océan. Choisissons celle du fleuve. Hugo fait le pari que le livre s’enrichira des alluvions que déposeront les générations de  lecteurs. Il pense qu’il deviendra un delta qui avancera dans la mer. Et que Dieu, à moins que ce ne soit lui-même, régnera sur la confluence des eaux. 

L’exercice que s’est imposé notre invité dans son édition des Misérables de la Pléiade, la première depuis 1951, est d’autant plus difficile.  Il s’agit d’aller à rebours du courant, si fort soit-il, et de tenter de remonter à la source, aux sources des Misérables. Avant le texte livré aux éditeurs en 1862, et qui s’intitulait Les Misérables, il y eut en effet une première version, rédigée entre 1845 et février 1848 : elle se nommait  Les Misères. Et avant Jean Valjean, il y eut Jean Tréjean et même, un moment, Jean Vlajean. Embarquement pour une lecture génétique.

Programmation musicale : d'après la bande originale de la comédie musicale "Les Misérables" par Claude-Michel Schönberg (musique), 1980.

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.