Nous ne sommes plus au pays de la révolution mais au royaume de l’extravagance. En une génération, le sandinisme qui se voulait singulier est devenu un daniélisme baroque.

 Commandant Daniel Ortega
Commandant Daniel Ortega © Getty / Bettmann

Ce fut la dernière révolution du XXème siècle et elle prétendait qu’elle pourrait faire une révolution dans les révolutions et échapper à la dérive totalitaire.

Mais le Nicaragua était à peine une nation; il se tenait, tout petit, dans l’ombre des Etats-Unis; ses structures sociales et religieuses étaient prégnantes. Le sandinisme n’épargna pas au pays la guerre civile. Une fois revenues les formes démocratiques, il devint le pivot de toutes les combinaisons politiques. Et il est toujours au pouvoir.

Le commandante Ortega, de scrutin contrôlé en scrutin contrôlé, devient un chef perpétuel. Récemment le président de l’Assemblée nationale qui venait de mourir a été prorogé dans ses fonctions au-delà de sa disparition : c’est lui qui, en modifiant la Constitution, avait permis à Daniele de se représenter sans fin. Mais Daniele se sent vieux tout de même – 71 ans, ça vous fatigue un homme. Il a donc placé sur son ticket électoral son épouse. Rosario Murillo est un étrange personnage qui s’habille comme Brigitte Fontaine et plante partout des arbres métalliques de 15 mètres de haut qui s’illuminent la nuit. Des talismans sans doute. Une des enfants qu’élevait le couple a déclaré avoir été continuellement violée par le commandante. Non seulement Rosario a nié mais elle a officialisé sa relation avec le commandante. Le cardinal de Managua a béni le mariage puis il a eu la satisfaction de voir les daniélistes pénaliser toute forme d’avortement, quelle qu’elle soit.

Nous ne sommes plus au pays de la révolution mais au royaume de l’extravagance. En une génération, le sandinisme qui se voulait singulier est devenu un daniélisme baroque.

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