Maurice Ravel ne cherchait pas à être plus patriote qu’un autre. Mais la guerre, en élevant une menace mortelle sur le pays, avait mis au jour ce que la France avait déposé en lui de naissance et qui avait grandi avec les années. Si malingre qu’il fut, il ne pouvait pas ne pas être du combat.

La Voie Sacrée en 1916
La Voie Sacrée en 1916 © Getty / Heritage Images

Maurice Ravel ne cherchait pas à être plus patriote qu’un autre. Mais la guerre, en élevant une menace mortelle sur le pays, avait mis au jour ce que la France avait déposé en lui de naissance et qui avait grandi avec les années. Si malingre qu’il fut, il ne pouvait pas ne pas être du combat. D’autres fuyaient le front, lui fuyait l’arrière.

Sa première affectation à proximité de la bataille fut Bar-le-Duc d’où partait la Voie sacrée en direction de Verdun. Juché sur son camion, il participa au ravitaillement de la ville. Et il  se trouva bien de son rôle de rouage utile dans une bataille hautement symbolique. C’est d’être écarté de cette fonction par la fatigue nerveuse et la  bureaucratie militaire qui le firent entrer en dépression.

La guerre donna à Ravel des occasions de tomber dans le cafard et aussi bien des preuves de son courage. Il n’aimait pas en parler, semblable en cela à la plupart de ses camarades. Il se trouve que l’intégrale de sa correspondance vient de paraître qui documente précisément sa période 1914-1918. Michel Bernard l’avait explorée peu avant dans un petit livre pénétrant : Les forêts de Ravel.

Le métier de Michel Bernard était sous-préfet. Mais, en même temps qu’il administrait la France, il explorait, en amoureux, son corps. Le  public de ses livres, aux éditions de la Table ronde, s’est peu à peu élargi. Il a rangé son uniforme et il s’est installé, pour ne rien faire d’autre qu’écrire, dans sa ville de Bar-le-Duc. Nous lui avons demandé de nous y guider dans les pas de Ravel.

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