En 2016, on pourrait remarquer de manière désobligeante que bien des romans signés Goncourt ne sont plus beaucoup lus...

Les frères Jules et Edmond Goncourt par Félix Nadar
Les frères Jules et Edmond Goncourt par Félix Nadar © Getty / DEA / G. DAGLI ORTI

►►► Mercredi 4 novembre 2015 : « Les frères Goncourt, une Académie, un Journal, une marque… » avec Jean-Louis Cabanès

Dès 1887, Edmond, le survivant des deux frères Goncourt, avait commencé la publication du Journal qu’il avait tenu, à partir du 2 décembre 1851, avec son cadet Jules. La série s’était peu vendu mais, si peignée et lissée qu’elle fût, avait beaucoup fait jaser. Demeurèrent au placard jusqu’au milieu des années 1950 les onze cahiers de la version intégrale qui constituaient une œuvre autre- et qui passait pour explosive. Edmond en avait confié le soin à sa créature testamentaires : la société littéraire dont Jules et lui avaient longtemps rêvée et qui distribua dès 1903 le Prix Goncourt – il faudrait dire le « Prix des Goncourt ».

En 2015, on pourrait remarquer de manière désobligeante que bien des romans signés Goncourt ne sont plus beaucoup lus. Mais on pourrait tout aussi bien soutenir que plusieurs ont échappé à l’oubli. La responsabilité en incombe à leurs qualités et tout autant à la réputation de la signature Goncourt. Celle-ci repose sur l’activité de l’Académie mais aussi sur la curiosité que ne cesse de susciter le Journal. Les Goncourt, c’est une paire d’yeux qui observent intensément le document humain, quatre mains qui n’en font qu’une et le gravent à la pointe sèche et à chaque fois ils font mouche : peu importe qu’on ne connaisse plus ceux qu’ils ont peint.

En réalité, les Goncourt sont devenus une marque dont on sait qu’elle écrit malin. C’est aussi un style de vie, dans l’isolement d’une société choisie. Or notre époque privilégie les marques et les individualités. C’est pourquoi ces réactionnaires patentés, orphelins inconsolables de l’Ancien Régime, sont furieusement modernes.

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