Habitants du nord du Ruanda-Urundi en 1928 - Photographie du Major R. Høier
Habitants du nord du Ruanda-Urundi en 1928 - Photographie du Major R. Høier © The Commons / Musée National du Danemark

Un dicton rwandais enseigne que "rien ne dépasse la vache". Dès le XVIIIe siècle, dans la région des Grands Lacs, les tutsi étaient identifiés dans un rôle de pasteurs qui leur conférait un pouvoir particulier. Ensuite, les Européens vont donner corps à une opposition tutsi-hutu, la faisant fonctionner comme une antienne. Cette lecture raciale, à apparences scientifiques, convient parfaitement aux fantasmes et aux calculs coloniaux. Des décennies durant, elle infuse. Il faut se méfier des mots quand ils ligotent à ce point une société.

Au moment-charnière de la décolonisation, une révolution politique ou sociale aurait pu se produire. Ce fut une révolution raciale. Au Rwanda, le choix prévalut de faire des individus étiquetés tutsi les boucs émissaires de toutes les difficultés et, en même temps, d'enfermer tous les hutu dans le rôle d'adversaires des tutsi. Dans le pays voisin, dit jumeau, le Burundi, il arriva que ce fût le contraire, par un jeu de miroirs qui relevait de la même manipulation.

Il faut se méfier des mots qui excluent ses personnes de l'univers commun, ils préforment l'acte de tuer.

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La France au Rwanda - Revue XXI - Printemps 2010

Le 15e anniversaire du génocide rwandais sur Arte Toute la programmation

Exposition itinérante : Le génocide des Tutsi au Rwanda En 1994, en moins de cent jours, étaient exterminées plus d’un million de personnes au Rwanda, un petit pays d’Afrique centrale. En hommage aux victimes du plus grand génocide de l’après Shoah, et afin d’y sensibiliser le public, en particulier les collégiens et lycéens de France, le Conseil Régional d’Ile de France et le Mémorial de la Shoah proposent à travers cette exposition une entrée sur les génocides du XXe siècle. Dans un premier temps, l’exposition retrace l’histoire des génocides qui ont jalonné le XXe siècle. La mise en perspective du massacre des Tutsi avec celui des Herero, des Arméniens ou des Juifs permet une réflexion sur la notion même de génocide. A partir de cette vision d’ensemble, une deuxième partie s’attache plus précisément à décrire le génocide rwandais. Ce second pan de l’exposition reprend l’histoire du conflit entre Tutsi et Hutu, explique le contexte dans lequel a eu lieu le génocide et présente des dessins réalisés par des enfants témoins du génocide. Le dernier panneau, qui explique comment les Nations-Unies auraient pu éviter ce génocide, sert de conclusion.

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