La Colombie est un pays où les institutions n’ont jamais fait l’objet d’une confiance suffisante et où les partis ont été les premiers à considérer l’adversaire comme un ennemi.

Vue de Medellin
Vue de Medellin © Getty / Éric Vandeville

Les négociations de La Havane que les FARC menaient avec le gouvernement du président Juan Manuel Santos ont été longues car il s’agissait de trouver un accord tous azimuts. Comment restituer leurs terres et leurs biens aux innombrables personnes déplacées par un conflit d’un demi-siècle ? Comment réintégrer les guérilleros dans le jeu institutionnel et politique ? Parmi les crimes de guerre commis par les FARC mais aussi par l’armée et les paramilitaires, lesquels distinguer afin d’en faire l’objet d’une justice spéciale ? Dans le pays, il y eut tant et tant de massacres de populations civiles par des groupes armés. Et l’homicide est si souvent apparu comme la solution. En France, pour 100000 habitants, 0, 6 homicide ; aux Etats-Unis 6 ou 7 et en Colombie dix fois plus qu’aux Etats-Unis.

La Colombie est un pays où les institutions n’ont jamais fait l’objet d’une confiance suffisante et où les partis ont été les premiers à considérer l’adversaire comme un ennemi. La violence est née de la politique. Les Colombiens ont donc des difficultés à croire que c’est de la politique que va venir l’issue. Pour beaucoup d’entre eux qui sont pris dans un écheveau illisible de cruautés depuis des décennies, la violence, qu’ils écrivent avec un grand V, ne peut être éradiquée que par un traitement lui-même brutal. Le 2 octobre, à une très faible majorité il est vrai, les électeurs ont donc rejeté l’accord de La Havane. Mais le texte a été renégocié depuis et le président Santos a bon espoir de le faire respecter.

Dès le 7 octobre, le jury du Nobel de la paix l’avait d’ailleurs soutenu dans la difficulté, lui accordant son prix qui va maintenant lui être remis à Oslo. Cette cérémonie apparaît comme un pari sur l’avenir.

lundi 12 décembre, La Marche de l'histoire ouvre la séance, pour de nouveaux enregistrements en public par les Comédiens-Français, de grands débats parlementaires.

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