Au début de 1958, la guerre d’indépendance de l’Algérie entre dans sa quatrième année, la France y engage alors près de 450 000 hommes…Les conséquences d’un incident de frontière ordinaire vont soudain prendre un tour extraordinaire.

Sur les ruines de Sakiet Sidi Youssef en 1958 après le bombardement.
Sur les ruines de Sakiet Sidi Youssef en 1958 après le bombardement. © AFP / AFP

Au début de 1958, la guerre d’indépendance de l’Algérie entre  dans sa quatrième année, la France y engage alors près de 450 000 hommes…

Les conséquences d’un incident de frontière ordinaire vont soudain prendre un tour extraordinaire

Le village de Sakiet Sidi Youssef a le tort de se trouver très exactement à la frontière de l’Algérie française et de la Tunisie nouvellement indépendante. Du côté tunisien. La frontière, bien que très protégée en  arrière du côté français, est éminemment poreuse. 

Un commando français décide d’y lancer une opération pour intercepter un convoi d’hommes, de mulets et d’armes qui lui a été signalé. Les Français tombent dans une embuscade soigneusement préparée. 15 morts, des appelés dont on rapporte que les corps ont été mutilés. Quatre prisonniers au sort incertain.

Les généraux d’Alger réagissent le samedi 8 février 1958, il y a précisément soixante ans

Ils soutiennent que le bombardement qu’ils ordonnent du village de Sakiet et des postes de commandement rebelles voisins a été ciblé. Résultat ? Quelques 70 morts dont un grand nombre de civils. «  Des petits cadavres d’enfants », observe François Mauriac, « ça ne passe pas. » 

La diplomatie tunisienne exploite très habilement la violation de ses frontières; le président Bourguiba tempête, en appelle à Washington, laisse entendre qu’il pourrait pencher du côté de Moscou.

Résultat : la France se retrouve très isolée dans sa politique algérienne

Si tant est qu’il y en ait une. Les généraux d’Alger, avant leur opération,  ont-ils seulement consulté  le président du Conseil, Félix Gaillard qui, après coup, s’est retrouvé contraint de la couvrir de sa faible autorité ?

Encore deux mois et le gouvernement sera renversé à l’Assemblée. Encore quatre mois et les généraux prendront le pouvoir à Alger. Et c’en sera fini de la IVème République.

L’embuscade de Sakiet qui a provoqué en représailles un bombardement fatidique n’est pas une petite affaire. 

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