Bernard Maris
Bernard Maris © Radio France

Oncle Bernard, c’était son pseudonyme de « Charlie Hebdo », avait pour beau-père l’écrivain Maurice Genevoix. Il ne l’avait pas connu mais s’était pris de passion pour son œuvre parce qu’il avait senti que les mots y étaient du côté des choses, des hommes, et pas des idéologies.

Il disait l’exigence que c’était de travailler à la table de Genevoix. Et la joie qu’il y avait à vivre à Saint-Denis-de-l’ Hôtel, dans la maison des Vernelles. Genevoix l’avait achetée dans les années 1920 avec l’argent de « Raboliot », il l’avait faite de ses mains, à sa vie. Elle est construite en haut d’un talus qui domine la Loire, les bords de son jardin sont frottés des sables du fleuve.

La dernière fois qu’il est venu dans le studio de « La marche de l’histoire », j’avais installé Bernard dans le fauteuil face à une fenêtre qui donne sur la Seine. Les premières fois que je l’avais reçu à la radio, il était un jeune professeur d’économie de l’Université de Toulouse, Paris l’avait happé ensuite : Il parlait souvent de la Seine. Par exemple dans un roman intitulé « le Journal » : il avait imaginé un hôtel particulier quai Kennedy, qu’habitait un grand propriétaire de presse - apparemment un lieu de grand raffinement, en fait un cloaque. L’exact contraire de la maison de Genevoix. L’écrivain partait pour ses promenades à pied avec à la main sa boîte à pêche. Le héros du roman de Bernard galopait, lui, le long de la Seine, frémissant de curiosité, de sensualité, d’ambition –il fallait bien qu’il se l’avoue. Bernard avait été cela aussi, avant les Vernelles.

A La Marche , il y a deux mois, Bernard a parlé de Hayek , le grand économiste libéral. Certains auditeurs s’en étaient étonnés, avant l’émission mais pas après. Bernard était toujours si intéressé par l’autre qu’il en tenait le meilleur compte: à Hayek, il reconnaissait l’ampleur de vues, la vision du long terme, le sens de la complexité. Ce n’était pas un de ces économistes à chapeau pointu avec leurs faux oracles…

Hayek, c’était le partenaire et l’adversaire de Maynard Keynes. C’est tout de même Keynes que défendait sans cesse Bernard Maris. Voici comment, à La marche , en 2012, il parlait de sa Théorie de l’emploi, formulée après la crise des années trente.

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