Le square de la Roquette
Le square de la Roquette © Own work

La colline de la crucifixion. Le mauvais larron d’un côté. Et de l’autre, le bon : dans « En attendant Godot », Beckett observe que celui-ci est sauvé de l’enfer. Bien que socialement condamné, il n’est pas perdu. Il a même un ticket d’entrée prioritaire pour le paradis. Il lui a suffi de faire preuve de contrition et de confiance, in extremis. C’est tout de même extravagant. Christiane Klapish-Zuber intitule d’ailleurs le livre qu’elle consacre à ce mauvais sujet sauvé : « Le voleur de paradis ».

L’ouvrage s’appuie beaucoup sur les représentations picturales, notamment en Toscane – là où depuis la fin du XIIIème se déploie toute une grande peinture murale. La Toscane, c’est le champ d’études privilégié de Christiane Klapisch-Zuber. Elle nage depuis longtemps dans l’océan des archives florentines, y traçant les sillons les plus divers, étudiant le devenir des familles, le rôle des femmes.

Mais la connaissance intime de la Toscane n’est certainement pas la seule explication de l’intérêt que porte notre témoin aux larrons. Pour la première fois dans un livre, elle laisse entendre un peu de sa vie personnelle tandis que dans une interview dans sa revue préférée, « Clio, femmes, genre, histoire », elle se rappelle ce qu’un jour son père lui a prédit : « Tu finiras un jour sur l’échafaud » .

« Tu finiras un jour sur l’échafaud » ? Attention, n’attendez tout de même pas une histoire à la Philippe Maurice, ce condamné à mort échappé d’extrême justesse à l’exécution et devenu lui aussi docteur en histoire et en histoire du Moyen-Age. Non, Christiane Klapisch-Zuber était détenue pour atteinte à la sûreté de l’état pendant la guerre d’Algérie. Après 9 mois, elle a été mise en liberté provisoire sans être condamnée ni relaxée : un état d’hésitation que ni peut que marquer et qu’heureusement pour lui, n’a pas connu le bon larron.

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