Camus disparaît au moment même où, de partout, s’échangeaient les vœux pour l’année 1960. Avant même que ne soit connue la nouvelle de l’accident sur la N5, les signes n’étaient guère favorables.

L'année 1960 sans Albert Camus. Ici une photo d'Albert Camus lors d'une lecture de "L'étranger" dans l'émission "À livre ouvert".
L'année 1960 sans Albert Camus. Ici une photo d'Albert Camus lors d'une lecture de "L'étranger" dans l'émission "À livre ouvert". © AFP / PHILIPPE BATAILLON / INA

Dans Combat du 5  janvier, Maurice Clavel, qui ne craignait jamais l’hyperbole, écrivait que nul n’avait autant souffert de l’Algérie que Camus. En ce début d’année, la situation y était très dure. Le numéro du Monde, largement consacré à Camus fut d’ailleurs saisi à Alger parce qu’il contenait aussi le contenu du rapport du CICR qui décrivait les camps d’internement, si nombreux dans le pays.

L’Algérie fut particulièrement touchée par la disparition de l’écrivain. Elle fut l’occasion d’un sursaut pour ceux qui croyaient encore possible une communauté de destin entre les enfants du pays, quels que fussent leurs origines. Le numéro spécial de la revue oranaise, Simoun, qui parut peu après, était titré : Camus l’Algérien. Ceux qui y participèrent y scellaient aussi la fin de leurs rêves communs.

Vincent Duclert, notre invité, fait l’inventaire de tout ce qui a été publié en ce moment difficile. Il donne une bonne place à la NRF mais aussi à la revue libertaire, Témoins. Le dernier texte destiné à la presse qu’ait envoyé Camus le 31 décembre 1959 l’était à un journal anarchiste de Buenos-Aires, Reconstruire.

Reconstruire…  La plupart des articles publiés alors insistaient sur l’œuvre interrompue. Sartre, dans un bel hommage, assez inattendu, disait qu’il faudrait faire avec un travail définitivement interrompu. Mais l’avenir a prouvé qu’il y avait encore beaucoup à publier, et notamment les différentes correspondances, si abondantes. Et Camus, à l’instant fatal, était sans doute en train de prendre un nouveau départ. 

« Il avait l’air heureux, observa Brice Parain dans la NRF, tous ses traits étaient à leur place dans une sorte d’ordre naturel. Et il avait commencé à écrire son nouveau roman ».

On en a retrouvé le manuscrit, certes provisoire, dans une sacoche dans la voiture accidentée. Ce sera : Le Premier Homme.

Bibliographie 

  • Albert Camus, Des pays de liberté de Vincent Duclert (Stock).
  • Dictionnaire Albert Camus de Jeanyves Guérin (Bouquins).
  • Œuvres complètes (en quatre volumes) d'Albert Camus (La Pléiade).
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