En 1919, en parallèle avec la Société des Nations, est créée à Genève une Organisation internationale du Travail. Sans justice sociale, affirme-t-elle, pas de paix durable.

Ouverture de la IXe session du Bureau international du Travail à Madrid le 26 octobre 1932
Ouverture de la IXe session du Bureau international du Travail à Madrid le 26 octobre 1932 © Getty / Keystone-France

► Rediffusion du 25/02/2019

Par deux fois, à l’issue de chacune des deux guerres mondiales, un sursaut s’est produit dans les consciences.

En 1919, en parallèle avec la Société des Nations, est créée à Genève  une Organisation internationale du Travail. Sans justice sociale,  affirme-t-elle, pas de paix durable.

L’OIT est la seule institution du système des lendemains de la  Première Guerre à avoir survécu à la Deuxième. Exilée outre-Atlantique entre 1940 et 1945, elle publie, dès le printemps 1944, avant même la création de l’ONU, une Déclaration de Philadelphie qui reprend les questions posées à sa création. Qu’est-ce qu’un régime de travail  réellement humain ? Et comment peut-il s’établir à travers le monde si  telle ou telle nation ne veut pas le prendre en compte ?

A l’époque du travail taylorisé, le périmètre des régulations  possibles portait surtout sur le montant des salaires, le temps de  travail – notamment des femmes, les accidents du travail, les libertés  syndicales.

A notre époque, les terrains qui nécessitent intervention sont beaucoup plus mouvants. Après la révolution cybernétique et numérique,  la main d’œuvre devient cerveau d’œuvre : on attend que, réagissant aux  multiples signaux qui lui sont envoyés, elle atteigne des objectifs  chiffrés. Nous sommes au temps de la gouvernance par les nombres. Et  aussi du Marché total qui engage les individus dans une compétition sans  fin.

Le travailleur en réseau de l’ère numérique n’a souvent d’autre  ressource que de se mettre sous la protection du plus fort en s’assurant  des services du plus faible. Hommage et servage. Ce n’est pas que nous  soyons retournés au Moyen Age mais les structures féodales reviennent en  force.

Le droit du travail est plus que jamais nécessaire pour conjurer la puissance mortifère de l’anarcho-capitalisme.

Bibliographie :

  • Pierre Musso et Alain Supiot (direction) Qu’est-ce qu’un régime de travail réellement humain ? (Hermann)
  • Alain Supiot La gouvernance par les nombres (Fayard)
  • Alain Supiot L'esprit de Philadelphie. La justice sociale face au Marché total (Seuil)
  • Alain Supiot Le droit du travail (PUF, coll. Que-sais-je ?)

Filmographie : 

325000 Francs réalisé par Jean Prat

Programmation musicale :

  • Joe Bonamassa The ballad of John Henry (live at Vienna Opera House 2013)
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