La mairie d'Epron au début des années 50
La mairie d'Epron au début des années 50 © Radio France

C’est sur un bourg détruit à 85%, à quatre kilomètres de Caen, que la radio nationale décide de porter l’attention. Les informations qu’elle donne et les évènements qu’elle organise provoquent un vaste mouvement de solidarité. Les auditeurs envoient par paquets les menus billets abîmés qu’ils n’utilisent plus, comme aujourd’hui ils le feraient avec les pièces jaunes. Les commerçants du boulevard Magenta font une collecte. Deux gamins sont embarqués dans une 4CV sur le Tour de France : si l’argent manque, il n’y aura plus d’essence dans leur réservoir, aussitôt les dons affluent…

La reconstruction, c’était une affaire gigantesque qu’évidemment ni la générosité publique ni l’épargne des particuliers n’auraient suffi à mener. Il a fallu une intervention massive de l’Etat et des fonds du plan Marshall. Epron, sur cette carte, avait seulement la taille d’une pointe d’épingle : 155 hectares, une vingtaine de maisons et quelques équipements communs à rebâtir. Mais qu’au moins une opération de la reconstruction puisse se dérouler au vu de tous, avec le concours financier de chacun et sous le contrôle de l’opinion, c’était rassurant ! Qui plus est, les maisons qu’on livre sont en bonne pierre de Caen avec un grand jardin pour cultiver comme on l’entend, l’eau courante et le tout-à-l’égout arrivent mais le plan du village ne change pas. Seule la toponymie est retouchée : il y a dorénavant à Epron un square Jean-Nohain, une rue Francis Bernard, du nom des grands manitous de la radio qui patronnèrent l’opération, la rue Neuve est même devenue la rue de la RTF. Une reconstruction à hauteur d’homme sur laquelle Radio France aime revenir non sans nostalgie : elle ne conduit pas toujours aussi bien ses chantiers.

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