Le 4 mai 1789, les quelques onze cents élus des Etats Généraux défilent à Versailles. A certains égards, c’est une réunion inédite, inouïe même.

Procès verbal de la prestation du serment du Jeu de Paume - pages de signatures
Procès verbal de la prestation du serment du Jeu de Paume - pages de signatures © Domaine public

Dans cet ordre de prestige croissant : d’abord le Tiers-Etat, la noblesse ensuite, le clergé enfin avec des prêtres en noir et quelque quarante évêques en violet. A certains égards, c’est une réunion inédite, inouïe même. Le peuple en son entier va faire irruption dans la vie publique. Si on voulait parler en termes contemporains, on pourrait soutenir que les élus sont issus d’un suffrage quasi universel : Louis XVI avait appelé à s’exprimer tous ces sujets, jusqu’aux extrémités du royaume et la participation a été forte.

En même temps des Etats Généraux, dont la dernière édition date de 1614, sont pris dans une gangue ancienne. La désignation de ses membres, comme la rédaction des cahiers de doléances, s’est faite dans des assemblées de bailliages, de sénéchaussées, de villes auxquelles ont participé peut-être 100 000 personnes, les plus aisées, les plus instruites, issus d’un échelonnement complexe : paroisses, corps et compagnies de métiers.

Ce n’est pas le seul archaïsme à caractériser les Etats Généraux. Ils restent organisés selon la règle des trois ordres : le ministre Necker a bien accepté le doublement du nombre des élus du Tiers Etat – plus de 570 sur 1100 mais il s’est arrêté en chemin : le vote doit toujours se faire ordre par ordre, ce qui doit permettre aux deux ordres privilégiés de former à eux deux une sorte de haute assemblée conservatrice et empêcher le Tiers de nommer des alliances avec les nobles libéraux comme avec le bas clergé.

D’un côté, le roi reconnaît que le Tiers joue un rôle irremplaçable dans la société de l’époque. De l’autre, il ne parvient pas à concevoir une autre société qu’aristocratique. La contradiction est explosive.

Les députés du Tiers ont l’intention de la lever et d’utiliser l’avantage que leur donne le nombre qui leur permet de siéger dans la plus grande salle de Versailles, destinée aux assemblées plénières : les Menus Plaisirs.

Première étape pour une assemblée : la vérification des pouvoirs des uns et des autres. Ces membres du Tiers qui préfèrent qu’on les appelle les communes l’entendent ainsi ils vont attendre en vain les membres du clergé et de la noblesse.

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