Au départ, Barbara Cassin est spécialiste de la philosophie grecque ancienne. Elle a d’emblée mis au cœur de son travail la philologie : l’analyse critique, l’étude formelle des textes et des mots… Mais l’appétit de la traduction lui était venu bien avant.

Parler permet d’être humain. Soit. Mais il faut s’occuper de ce que peuvent les mots. Ils ont le pouvoir de faire advenir.

Au départ, Barbara Cassin est spécialiste de la philosophie grecque ancienne. Elle a d’emblée mis au cœur de son travail la philologie : l’analyse critique, l’étude formelle des textes et des mots… Mais l’appétit de la traduction lui était venu bien avant : rien ne permet mieux d’envisager un mot d’une langue que l’épreuve du face-à-face avec un mot d’une autre langue. Une traduction en appelant une autre, se tisse un réseau de plus en plus vertigineux. Avec ses amis du labex TransferS, Barbara Cassin présentait récemment un dispositif interactif accessible en ligne : Les routes de la traduction. Une sorte de plan de métro parisien où les lignes se nomment non pas Vincennes-Neuilly mais Aristote, Euclide, Luther, Les Mille et une nuits, Marx ou Tintin, avec des stations Athènes, Rome, Bagdad, Alexandrie, Shanghai, Calcutta. Et partout des possibilités de correspondance. L’universel complexifie…

Energeia, la force en action selon le grec… Barbara Cassin a toujours apporté beaucoup de force à des projets collectifs. Son étonnant Vocabulaire des philosophies européennes, où chaque mot est considéré sous toutes ses faces et selon tous ses transferts, a rassemblé quelque 150 collaborateurs !

Elle rejoint maintenant l’Académie française. Cinquième femme d’un collège qui réunit pour l’heure 36 membres. Encore un collectif ? Le passage de l’adjectif collectif au nom serait l’effet d’un transfert du russe… Une institution, en tout cas. Et responsable d’un Dictionnaire dont on gage que Barbara Cassin y introduira du mouvement.

Programmation musicale : "Amadonana Ase Wesele"

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