Oum Kalsoum
Oum Kalsoum ©

C’est en novembre 1967 qu’Oum Kalthoum donne à Paris les deux seuls spectacles qu’elle n’ait jamais accordés à l’Europe occidentale. Le colonel Nasser vient d’être vaincu par Israël : il a délégué en ambassadrice auprès de De Gaulle celle qu’on surnomme « la quatrième pyramide d’Egypte ».

L’Egypte vient d’être défaite mais elle veut garder sa primauté sur le monde arabe et Oum Kalthoum l’y aide grandement. Depuis 1930, elle chante chaque premier jeudi du mois à l’antenne de La voix du Caire : progressivement, il a fallu accroître la puissance des émetteurs car tous, du Golfe à la Méditerranée et jusqu’au Maroc et à l’Océan atlantique, la réclament.

Si elle émeut tant, c’est par l’amplitude exceptionnelle de sa voix mais aussi parce qu’elle réunit aux principes invariants du patrimoine musical d’Egypte, rural, religieux et savant les ressources du monde nouveau. Quand elle s’installe au Caire dans les années 1920, l’offre du disque se développe en même temps que la demande d’un art national qui, tout en respectant les traditions, soit accessible à tous. Elle sait jouer sur l’ensemble de ces registres.

Les Français, quand ils la reçoivent, cherchent des références qui leur soient familières. Viennent, à l’époque, les noms de la Callas et de Piaf. Oum Kalthoum a, dans le cadre égyptien, toutes choses égales, un pedigree classique comme la Callas mais son vibrato est celui de Piaf. Le professeur Jacques Berque ajoutait, en signalant qu’elle chantait les poètes les plus subtils de son temps : une Callas qui serait aussi Piaf, peut-être, mais qui chanterait du Paul Valéry.

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