L’histoire est d’abord faite de l’immense peine des hommes, disait Georges Duby. Et de l’énergie des femmes …

Femme au foyer dans les années 1950
Femme au foyer dans les années 1950 © Getty / ullstein bild / Contributeur

L’histoire est d’abord faite de l’immense peine des hommes, disait Georges Duby. Et de l’énergie des femmes …

Le général de Gaulle, il y a un demi-siècle, imaginait encore mal qu’elles puissent être ailleurs qu’au foyer mais il savait qu’elles y déployaient la même volonté, à l’échelle du ménage, que lui à l’Elysée !

Il était traditionnellement attendu d’elles la vertu de prévoyance. Dans l’armoire, les piles de linge bien rangées; dans la resserre, les conserve ; dans les milieux populaires ou ruraux, entre le matelas et le sommier, les enveloppes contenant les billets destinés aux différents achats. Les dépenses devaient en effet être soigneusement échelonnées : on n’achetait pas la cocotte-minute avant le moulin à légumes.

C’est qu’il y a maintenant la cocotte-minute et l’aspirateur et la machine à laver le linge… Le lave-vaisselle vient de faire son apparition en 1965. On s’est étonné que, cette année-là, dans la campagne présidentielle, le général s’occupe de ces nouveaux sujets de peu d’importance pour les gens qui avaient encore des bonnes et des femmes de ménage. « Ca, c’est le mouvement », disait-il justement. Le maître-mot, depuis les années cinquante, c’était « Productivité ». Elle s’était appliquée dans les bureaux avec la mécanographie. Elle change à leur tour les maisons et les appartements. Un rôle différent du répertoire traditionnel s’ouvre pour Madame Aufoyer. La voici invitée à calculer tout le temps qu’elle pourra économiser sur les activités domestiques anciennes et invitée à le transformer en temps affectif. L’enseignement des médias de l’époque nous présente une nouvelle femme-modèle : la technicienne de la vie heureuse.

Aujourd’hui, c’est Claire Milon qui travaille sur le féminisme allemand sous la république de Weimar et Ilinca Negulesco qui pourrait faire une thèse sur le masculinisme à La marche de l’histoire qui la présentent.

Chanson "Ne vous mariez pas les filles" de Michèle Arnaud

Chanson "Le plaisir de la vaisselle" de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault

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