Quand les Allemands se replièrent après la bataille de la Marne, ils se réservèrent, de l’Aisne à la Meuse, des positions privilégiées sur les hauteurs. Ainsi, au Sud du département de l’Aisne, à Berry-au-Bac, vont-ils tenir pendant toute la guerre la cote 108 : la colline est à eux, les Français restent à distance...

Berry-au-Bac durant la Première Guerre mondiale
Berry-au-Bac durant la Première Guerre mondiale © Getty / Print Collector

Quand les Allemands se replièrent après la bataille de la Marne, ils se réservèrent, de l’Aisne à la Meuse, des positions privilégiées sur les hauteurs. Ainsi, au Sud du département de l’Aisne, à Berry-au-Bac, vont-ils tenir pendant toute la guerre la côte 108 : la colline est à eux, les Français restent à distance, à ses pieds. A la Noël 1914, l’écrivain Henry Bordeaux décrira la désolation qui règne dans la plaine en contrebas. Les civils évacués depuis longtemps, le village en ruines, les activités commerciales de la rivière l’Aisne et des deux canaux interrompues : là où passaient les produits de la sucrerie, de la cimenterie, de la carrière de craie, ne transitent plus que des transports militaires.

Pendant quatre ans, la côte 108 et Berry-au-Bac vont connaître à peu près toutes les formes que revêtira le conflit. Guerre de tranchées, guerre de mines, aviation de bombardement... jusqu’au premier engagement organisé de chars français en avril 1917, quand la côte 108 servira de verrou oriental à l’offensive du Chemin des Dames. Au printemps suivant, ce seront  les Allemands qui lanceront leur propre contre-offensive et ils finiront, dernier rebondissement, par occuper ce qui reste du village. 

Berry-au-Bac, 820 habitants en 1914, moins de 300 dix ans plus tard, ne retrouvera jamais l’activité qui était la sienne avant-guerre. Un morceau de son territoire deviendra une nécropole nationale tandis que la côte 108 dans laquelle sont ensevelis beaucoup d’autres corps deviendra zone rouge.

En 2013, une association s’y constitue qui cherche un interlocuteur historien. Elle rencontre Fabien Theofilakis qui va montrer sur le terrain l’ardeur des jeunes lieutenants de 1914 sauf que le détachement qu’il va constituer sera composé d’étudiants français et d’étudiants allemands. Pendant trois ans, ils vont tenter de percer les silences du lieu, cote à côte.

  • La côte 108 à Berry-au-Bac
  • La 5ème Rencontre de Berry-au-Bac : Sortir de la guerre, Reconstruire, le 24 novembre de 9h à 18h (contact : correspondance.cote108@gmail.com)
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