Quand il est devenu permanent, au lendemain de la guerre, la CGT rassemblait 3 ou 4 millions de syndiqués voire davantage. Après 68, c'est encore 2 millions d'adhérents avec toujours une majorité d'hommes en bleu.

Henri Krasucki lors de sa visite aux ouvriers de l'usine Peugeot de Mulhouse (6 octobre 1989)
Henri Krasucki lors de sa visite aux ouvriers de l'usine Peugeot de Mulhouse (6 octobre 1989) © Dominique Gutekunst/L'ALSACE/PHOTOPQR

Mais quand Henri Krasucki accède au secrétariat général, en 1982, l'organisation, bien que s'installant dans un siège immense à Montreuil, perd inexorablement des adhérents. Bientôt le communisme va s'effondrer sans que nulle espérance ne le remplace à l'horizon. C'est la fin du syndicalisme de masse, se profile un syndicalisme d'élus. La lutte ne peut plus être présentée comme la vertu cardinale, la négociation devient une obligation.

Krasucki restera comme celui qui accompagna une évolution qu'il aurait préféré ne pas voir. Vingt ans après son départ du vaste bureau de Montreuil, le syndicalisme tel qu'il le représenta est-il si lointain ?

Et la résistance, telle qu'il l'avait incarnée très jeune- quarante mois de clandestinité déjà à 18 ans au moment de son arrestation et de sa déportation, n'est-elle pas très proche ?

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