En 2012, pour la première fois, le seuil des trois millions de musulmans a été atteint pour le grand pèlerinage qui, cette année, s’achève ce 8 octobre.

La Mecque, à l’Ouest de la péninsule arabique, centre excentré à l’époque du califat, est devenu le point de convergence d’un espace musulman qui s’élargit – au XIXe par l’effet de la colonisation et de la navigation qui mettent en mouvement des populations jusque là isolées ; au XXème par la grâce de l’aviation : l’avion est tout à fait acceptable, c’est au fond un chameau amélioré, il suffit seulement qu’en faisant ses rotations avant d’atterrir, il ne franchisse pas les limites de l’espace sacré…

Panneau de revêtement représentant la Masjid al-Haram (Mosquée Sainte) de la Mecque - XVIIème siècle
Panneau de revêtement représentant la Masjid al-Haram (Mosquée Sainte) de la Mecque - XVIIème siècle © domaine public / Musée du Louvre

Le raccourcissement des distances et la massification des déplacements modifient le hajj. S’il conçoit toujours sa démarche comme une mue, il doit l’opérer après une approche plus rapide, comme un changement de costume à vue dans un spectacle accéléré. Le royaume saoudien les y aide : il passe avec eux un contrat , organisant les flux, optimisant le temps, contrôlant l’espace comme la parole. Sa légitimité était bien faible quand il s’attribua le contrôle des Lieux saints il y a moins d’un siècle. Mais il faut bien dire que, depuis, il a su maîtriser l’augmentation du nombre des arrivées de pélerins et aussi leur garantir la vue sauve jusqu’à leur retour.

Le défi, cette année, c’est, entre autres, le virus Ebola. Mais le temps n’est plus où le choléra de 1865 trouvait à La Mecque sa plate-forme de diffusion en direction du monde entier.

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