En direct et en public depuis les 18ème Rendez-vous de L’Histoire de Blois

Le Pape Urbain II prêchant la croisade
Le Pape Urbain II prêchant la croisade © Domaine public
Vue aérienne du Vatican en 1922
Vue aérienne du Vatican en 1922 © cc / sconosciuto

La Chrétienté ?

La Chrétienté ne saurait être une option dans les programmes du secondaire… On se souvient de la polémique allumée il y a peu avec tous les fagots de la mauvaise foi et où il s’agissait de brûler les hérétiques qui ne défendaient pas la vraie histoire de France. Depuis, le mot de chrétienté fait florès. Mais comment l’écrire ? Avec une majuscule ou une minuscule ? Et jusque quand et jusqu’où l’utiliser ? Pourquoi le Pape ne le prononce-t-il pas, ni à Rome et encore moins dans ses voyages ? L’Afrique, l’Amérique latine ne seraient-elles pas en chrétienté ?

Quel casse-tête pour les membres du personnel politique ou journalistique qui se sont longtemps persuadés que nous étions entrés dans un monde post-religieux et qui, bien souvent, n’ont plus aucune culture en la matière.

Un petit rappel éviterait les raccourcis à l’emporte-pièce. La Chrétienté, avec une majuscule, c’est un moment de l’histoire du christianisme, et encore du christianisme occidental seulement. Elle s’incarnait dans un territoire très proche des fidèles – la paroisse avec son église et son cimetière - et dans d’autres plus grands - l’empire romain germanique, les royaumes, duchés qui bénéficiaient de protections sacrales : ils étaient à la fois de la terre et du ciel, c’étaient des « tabernacles » dont il fallait chasser les infidèles de toutes sortes. La Chrétienté, d’ailleurs, fut vite aspirée par l’esprit de croisade. On comprend pourquoi le mot surgit de nouveau : il s’opposait à l’Islam.

Le monde irait mieux si les mots étaient bien définis. L’islamisme, ce n’est pas l’islam, il faudrait peut-être parler d’islams au pluriel. De même, la substitution du mot chrétienté à celui de christianisme serait lourde de conséquences. Et d’abord pour les chrétiens. Avec ce mot, sous prétexte de respecter leur place dans l’histoire, on leur attribue aujourd’hui une place forte que la plupart ne souhaitent aucunement occuper. Heureusement, l’histoire est indisciplinée, elle n’aime pas les assignations des personnalités que nous ne sommes à des identités dont nous ne voulons pas.

Evénement(s) lié(s)

Les rendez-vous de l'histoire de Blois

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.