Le coup d’état et l’élection… Bolsonaro, le candidat d’extrême droite à la présidentielle brésilienne, ne fait pas très bien la différence. Il a déjà déclaré qu’il ne reconnaissait pas d’autre issue au scrutin que sa victoire. Et, en effet, que se passera-t-il s’il n’est pas choisi au second tour le 28 octobre ?

Le maréchal Arthur da Costa e Silva, président de la République du Brésil (1967-1969)
Le maréchal Arthur da Costa e Silva, président de la République du Brésil (1967-1969) © Getty / Bettmann

Le coup d’état et l’élection… Bolsonaro, le candidat d’extrême droite à la présidentielle brésilienne, ne fait pas très bien la différence. Il a déjà déclaré qu’il ne reconnaissait pas d’autre issue au scrutin que sa victoire. Et, en effet, que se passera-t-il s’il n’est pas choisi au second tour le 28 octobre ? La même question se pose d’ailleurs dans l’hypothèse de son élection.

En 1964, au moment du Golpe de Estado, Bolsonaro était encore un gamin. La bipolarisation du pays était déjà parvenue à un degré extrême. La corruption des milieux politiques était déjà jugée intolérable. Le président Goulart ne tenait plus le gouvernail, soupçonné de vouloir ouvrir les portes au communisme. L’armée avait très facilement pris le pouvoir, recevant l’assentiment des milieux d’affaires, des classes moyennes urbaines, des Eglises. Et d’une bonne partie du personnel politique : il faut d’ailleurs souligner que, les premières années, la dictature avait gardé un minimum de décor démocratique au point qu’on a pu soutenir qu’il s’agissait d’une dictature militaro-civile.

Bolsonaro est arrivé dans l’armée plus tard, dans les années les plus dures qui ont suivi la crise de 1968 et la constitution de groupes armés d’extrême gauche. La lutte contre l’ « ennemi intérieur » est alors portée à incandescence. La censure est à son sommet, la torture aussi. C’est de ce moment que se réclame Bolsonaro quand, au Parlement, il a dédié son vote favorable à la destitution de la présidente Dilma Roussef… au colonel qui l’avait alors torturée. 

Bolsonaro, pour sa part, n’a pas dépassé le grade de capitaine. Capitaines, colonels, généraux… La dictature a toujours été traversée de débats, de dissidences, de complots. C’était bien souvent entre les grades que se produisaient les fractures, le généralat cherchant constamment à maintenir son privilège hiérarchique. Mais, entre les généraux eux-mêmes jouait un autre clivage qu’on peut résumer sommairement : ligne dure contre ligne plus pragmatique.

Bolsonaro a fini par être écarté de l’armée pour ses positions excessives. Puis il est entré en politique, appuyé par le réseau de ses anciens camarades officiers extrémistes. Avec lui, ce n’est pas seulement la nostalgie de la dictature qui revient mais le spectre de ses années de plomb.

Programmation musicale :

"Pra nao dizer que nao falei das flores", de Geraldo Vandré.

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