Si, ces dernières années, l’Italie a été à ce point secouée par l’arrivée de migrants méditerranéens, c’est qu’elle redevenait en même temps un pays d’émigration. On ne le dit pas assez : la péninsule est en train de perdre une bonne part de sa jeunesse éduquée.

Immigrants italiens arrivant à Ellis Island en 1905
Immigrants italiens arrivant à Ellis Island en 1905 © Getty / Bettmann

Et comme sa fécondité s’effondre aussi, elle réunit tous les symptômes de la dépression démographique. En cela, elle ressemble maintenant aux pays baltes ou à la Hongrie. Sauf qu’elle reçoit des migrants. Quand on considère tous les paramètres, on mesure mieux les causes de la crispation italienne actuelle.

Le départ est une vieille habitude italienne. Départ de la montagne vers la plaine. Départ des artisans spécialisés vers les pays situés plus au Nord.  Mais ce qui ne constituait que d’assez minces filets d’émigration devient un vrai fleuve à partir de la fin du XIXe siècle. En 1900, l’Italie est, dans le monde, le premier pays de départ et ses ressortissants rejoignent à peu près tous les coins de la planète.

Ce qui étonne aussi, c’est la précocité des outils statistiques et administratifs que met alors en place l’Etat italien. Sont créés des outils d’enregistrement, dès 1876, et aussi d’autres qui veulent assurer la protection des émigrés. L’Etat, pourtant réputé libéral, met en place tout un dispositif pour réguler l’activité des compagnies maritimes qui assurent l’établissement dans les Amériques comme le départ les départs de la botte. Le développement de l’Italie est pensé au rythme des migrations et des retours

La politique de l’état fasciste sera à peu près inverse et celle de la République d’après-guerre accompagnera beaucoup moins l’émigration. 

Mais comment l’empêcher ? Ce qui se passe aujourd’hui montre qu’il est aussi difficile d’entraver les départs que les arrivées.

Bibliographie :                                            

  • Police et migrants. France, 1667-1939 de Nicole Dyonet, Vincent Milliot, Marie-Claude Blanc-Chaléard, Caroline Douki (PUR).
  • Les Petites Italies dans le monde de Marie-Claude Blanc-Chaléard, Antonio Bechelloni, Bénédicte Deschamps, Michel Dreyfus, Eric Vial (PUR).      
  • Revue L'Histoire Le génie de l'Italie, N°84 daté juillet-septembre 2019.                                                                                                                                   
  • CEDEI (Centre d’études et de documentation sur l’émigration italienne)
  • Le Festival du Film Italien de Villerupt | La 42e édition, du 25 oct. au 11 nov 2019.
  • Chanson L'Italien de Serge Reggiani.
  • Films Rocco et ses frères de Luchino Visconti, 1960 et Golden door d'Emanuele Crialese, 2007.
Les invités
  • Caroline DoukiMaître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Paris VIII
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