Capture de Lạng Sơn par l'armée française en février 1885
Capture de Lạng Sơn par l'armée française en février 1885 © domaine public / Musée de l'Armée

Nous sommes en 1885. Pendant quelques années, les députés ont supporté la tutelle de Jules Ferry parce qu’il construisait le socle de la Troisième République, loi après loi. Mais ils considéraient qu’il était bien froid et trop autoritaire. Les parlementaires n’aiment jamais ceux qui prennent des airs supérieurs.

En mars, entraînés par la fougue de Clemenceau qui siège alors à l’extrême gauche et fait une carrière de tombeur de ministères, ils ont sonné l’hallali et renvoyé, en mars, l’encombrant président du Conseil.

Ferry est tombé, rudement, sur sa politique coloniale : il avait dû annoncer un désastre, plus symbolique que réel, pour nos troupes, à Lang Son.

François Hollande, le jour, bien lointain, de son investiture où il s’est incliné devant le monument Ferry des Tuileries voulait rendre hommage à son œuvre scolaire mais il y a un autre monument Ferry, dans sa bonne ville de Saint-Dié, qui le représente en train d’établir le protectorat sur le Tonkin, après l’avoir bâti en Tunisie. Ferry est biface : d’un côté, les hussards noirs dans les écoles de campagne, de l’autre les fusiliers marins en Indochine…C’est le même homme et la même France.

Au printemps 1885, ses successeurs au gouvernement reprennent aussitôt la politique des expéditions coloniales. Ils demandent maintenant des crédits pour aller jusqu’à Madagascar. De nouvelles chaudes séances ont lieu au Palais-Bourbon : nous vous proposons la restitution que nous en avons faite au Théâtre du Vieux Colombier avec les Comédiens français. Les opposants aux aventures coloniales viennent de tous les bords : ceux qui révéraient qu’on libère l’Alsace-lorraine, ceux qui calculent que le retour sur l’investissement aux colonies ne sera guère profitable à la métropole ; les anticolonialistes radicaux comme Clemenceau sont quelques-uns et donnent de la voix. On va voir que Ferry, redevenu simple député, a repris lui aussi du poil de la bête.

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Théâtre du Vieux-Colombier En 1913, Jacques Copeau arpente la Rive gauche à la recherche d’un lieu pour y ancrer ses ambitions théâtrales. Il se fixe au 21 rue du Vieux-Colombier, loin des grands boulevards où fleurissent d’abondants et bruyants théâtres qui ressemblent le plus souvent à de vastes salons bourgeois. Avec une rigueur ascétique, Copeau ouvre cet espace « contre toutes les lâchetés du théâtre mercantile ». Un vent d’enthousiasme souffle, interrompu par la guerre de 1914, mais l’onde de choc est lancée et marque profondément l’aventure théâtrale moderne. Refus du décor, de la machinerie, de l’accessoire afin de privilégier l’oeuvre et l’auteur. Jacques Copeau pousse plus loin que quiconque l’esthétique du plateau nu. Appelé par ses contemporains « le patron », il est l’âme de ce théâtre.

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