"La Prise de la Bastille" caricature boulangiste pour le journal "La Bombe" - 1889
"La Prise de la Bastille" caricature boulangiste pour le journal "La Bombe" - 1889 © domaine public

Quand un arc de forces réussit, au moins provisoirement, à relier à une extrémité, le nationalisme farouche et, à l’autre, la revendication sociale des petits et des sans-grades, les partis de gouvernement – on dit aujourd’hui : les PDG- ont des raisons de s’inquiéter.

C’est ainsi que le jeune Troisième République a frôlé le précipice à la fin des années 1880. Rétrospectivement, nous imaginons que, pleine de sève et d’énergie, elle préparait tranquillement le centenaire de la Révolution et l’Exposition universelle.

Pas du tout. La conjoncture économique était sombre, les dirigeants donnaient l’impression de s’enfoncer dans l’ornière quand ils n’étaient pas soupçonnés de concussion : l’opinion avait le sentiment que des comédiens de second ordre lui donnaient une mauvaise comédie de boulevard.

Surgit le général Boulanger. C’est dans un système impersonnel, une figure de vitrail haute en couleurs, forte en gueule et qui va ponctionner quantité de voix à gauche comme à droite.

Quand l’orage de lève ainsi à l’horizon, la République doit contre-attaquer. Elle l’a fait face au boulangisme. Pour l’anecdote, on a même vu le président Sadi Carnot aller porter la bonne parole un peu partout : quand il pleuvait à seaux, il refusait même le parapluie.

La république peut espérer aussi que l’adversaire, épuisé de faire le grand écart, craque le premier. C’est ce qui est arrivé au boulangisme. Il a éclaté ou, plus exactement, Boulanger l’a sabordé lui-même. Il était plus intelligent qu’on ne l’a dit, en tout cas assez pour comprendre qu’il s’appuyait sur des forces trop contradictoires pour être capable d’exercer le pouvoir.

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