Dès les années 1960, les télévisions américaines proposent des émissions régulières sur le yoga. Le yoga tel qu’il pénètre alors en France, c’est celui des postures, le hatha yoga. Il revendique bien sûr des origines remontant à la plus haute antiquité ...

Sadhu pratiquant le yoga près des rives du Gange
Sadhu pratiquant le yoga près des rives du Gange © Getty / Frédéric Soltan

Dès les années 1960, les télévisions américaines proposent des émissions régulières sur le yoga. En 1963, chez nous, « Age tendre et tête de bois » en offre une, à plus d’un titre exceptionnelle puisque l’animateur, Albert Raisner, tente de se tenir sur la tête avec l’aide des coudes… La reine des postures, tout de suite…

Le yoga tel qu’il pénètre alors en France, c’est celui des postures, le hatha yoga. Il revendique bien sûr des origines remontant à la plus haute antiquité – le maître venu à la télévision française les date sans sourciller de cinq mille ans avant notre ère. En revanche, ses racines religieuses  ne sont plus guère revendiquées. L’effort peut être exigeant mais la spiritualité doit se faire légère.

Mais il est bien d’autres yogas

La grande diversité des yogas enseignés en Inde entretient la confusion des représentations que s’en fait l’Occident. Au moins peut-on tenter l’histoire du mot.

Il apparaît en français en 1825.  Il renvoie à notre « joug » qui permet de faire marcher ensemble des animaux qui seraient tentés d’aller à hue et à dia. Le yoga facilite la cohabitation et l’équilibre des contraires.

Yogi surgit à son tour en 1828, selon le dictionnaire Robert d’Alain Rey, au moment où l’Europe savante commence à s’intéresser à l’univers sanskrit. Le mot entrera plus tard dans le vocabulaire populaire. Après la fin de la Deuxième Guerre, l’ « Autobiographie d’un yogi » de Yogananda, premier gourou installé durablement aux Etats-Unis devient un best-seller mondial. En même temps,  Arthur Koestler  publie « Le yogi et le commissaire ». Le yogi, c’est pour lui le desserrement des systèmes clos des commissaires politiques qu’il avait dénoncés dans « Le zéro et l’infini ». Avant même la rencontre avec les hippies de Woodstock puis avec la recherche contemporaine du « mieux-être », le yoga avait signifié un désir d’élargissement de la conscience au lendemain des cauchemars totalitaires.

Bibliographie :

Yoga, une histoire-monde. De Birkam aux Beatles, du LSD à la quête de soi : le récit d'une conquête de Marie Kock (La découverte).

L'espace-monde du yoga. De la santé aux paysages thérapeutiques mondialisés de Anne-Cécile Hoyez (PU Rennes).

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