"Ras le bol du fisc qui engraisse un état injuste, sortez les sortants, faut que ça change..." C'est sur ces mots d'ordre simples qu'aux législatives de janvier 1956, Pierre Poujade, il y a peu encore simple libraire-papetier à Saint-Céré (Lot), recueille 12% des suffrages.

Couverture du journal Fraternité Française, tribune de Pierre Poujade
Couverture du journal Fraternité Française, tribune de Pierre Poujade © Radio France

A cette époque lointaine, la France était pourtant aspirée par le mouvement ascensionnel des Trente Glorieuses mais il a suffi d'un bref retournement de conjoncture en 1952 et beaucoup de commerçants et de travailleurs indépendants se sont sentis abandonnés sur le bord de la route. Si, aux difficultés économiques, se joint alors une crise de la représentation politique, le feu peut vite s'étendre à la prairie. Or, au début de1955, l'Assemblée croit bon de congédier le gouvernement Mendès-France qui incarnait pourtant le moment le plus moderne de la IVème République; à la fin de l'année, le système parlementaire étale son impuissance; le locataire de Matignon, Edgar Faure, à bout de souffle, décide de jouer gros: il provoque des élections anticipées.

Poujade qui a fait de l'UDCA, son organisation de défense professionnelle, un mouvement politique se tient aux aguets. Il va ramasser une partie de la mise. Sur les bancs de l'Assemblée, arrivent plus de cinquante députés poujadistes "Français de bonne race" - je cite- et prêts à la bagarre. Parmi eux, le jeune Jean-Marie Le Pen.

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