Membres des Jeunesse Populaire, appartenant au Parti communiste indonésien (PKI) gardés par des soldats le 3011/1965
Membres des Jeunesse Populaire, appartenant au Parti communiste indonésien (PKI) gardés par des soldats le 3011/1965 © cc
Le président Soekarno appartenait à la génération des pionniers des indépendances du Tiers-Monde qui tentèrent le non-alignement. Aussi insistait-il sur la situation géographique - clé de son pays dans l’Asie du Sud-Est, sur sa population – alors 100 millions d’habitants, il faisait valoir aussi les trésors que recelaient ses ressources naturelles, malheureusement vouées à la transformation par des économies plus puissantes. Soekarno avait imaginé une « démocratie guidée » où il essayait de tenir ensemble une population émiettée et des forces sociales et religieuses polarisées. Les années passant, sa parole opérait moins, ses caprices irritaient davantage : le despote apparemment éclairé commençait à chanceler. Deux puissances montantes émergeaient particulièrement. L’armée, nombreuse, équipée. Et Le parti communiste, avec sa myriade d’organisations, ses millions de membres, et qui paraissait assez expérimenté pour parvenir au pouvoir pacifiquement. Les États-Unis surveillaient la situation de près. Ils étaient alors de plus en plus engagés au Vietnam. Ce n’est pas eux qui allumèrent la mèche. Une tentative de décapitation de l’état-major qui tourne mal, un général - Suharto - qui saisit la balle au bond, une campagne de répression anticommuniste de l’armée de terre qui, de proche en proche, se transforme en un immense pogrom de six mois. Au moins un demi-million de communistes, ou supposés tels, disparaissent dans des conditions atroces. Tout le monde dit « libre » pardonne à Suharto, qui a rapidement écarté Soekarno. Sous prétexte d’ « Ordre nouveau », les bourreaux sont assurés de l’impunité, trente ans durant. Et c’est seulement après qu’un nouveau cours s’est dessiné en Indonésie en 1998 que la peur recule, lentement et que la recherche commence, prudemment..
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