Les séfarades sont les descendants des juifs qui ont vécu en Espagne jusqu’à l’expulsion. Leur ultime dispersion eut lieu en 1492. Le roi Juan Carlos, en 1992, leur adresse un salut appuyé et son fils, Felipe VI, leur dit ensuite : « Vous nous avez manqués ».

Pierre Assouline en 2014
Pierre Assouline en 2014 © Maxppp / NCY

Les séfarades sont les descendants des juifs qui ont vécu en Espagne jusqu’à l’expulsion. Leur ultime dispersion eut lieu en 1492 et plus de cinq siècles après, ils ont, génération après génération, tenté de préserver nombre d’usages de l’Espagne, et d’abord celui de la langue.

On ne voit pas que les juifs de Pologne, par exemple, éprouvent un pareil désir violent de Pologne. La terre d’Espagne, c’était autre chose. Bien mieux qu’un lieu de passage. On pourrait presque parler d’un foyer si cela ne faisait pas froncer les sourcils à Israël. C’est ainsi, les séfarades sont souvent atteints d’un fantasme hispanique… Pierre Assouline se dit même ibérodépendant.

Aussi, tous ses sens sont-ils en éveil lorsque Juan Carlos, en 1992, à l’occasion de l’anniversaire de l’expulsion, adresse un salut appuyé aux séfarades et qu’ensuite son fils, Felipe VI, leur dit : « Vous nous avez manqués ». D’ailleurs une loi est votée aux Cortes qui leur permet de retrouver la nationalité espagnole.

Décidément, on ne sait rien de que peut réserver le passé. Quand il se rouvre ainsi, il faut s’y engouffrer. Voici le récit d’un homme qui a décidé de tirer parti de cette loi.

Son parcours sera traversé de beaucoup de difficultés. On n’imagine jamais ce que peut réserver l’administration.

Une inquiétude, surtout, gagne le candidat à la nationalité espagnole venu du fond des âges. Les habitants du pays l’identifient à de nombreux signes : il n’est pas Ulysse revenu à Ithaque ; en revanche, personne ne l’attend, ni Pénélope ni Télémaque. Le foyer imaginé peut-il en être un ? Et le séfarade va-t-il perpétuellement rester sur son seuil ?

Programmation musicale : "Jeux interdits" Narciso Yepes

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