Les libertés d'expression, de réunion, d'association sont au fondement de notre vie républicaine.

Assemblée Nationale
Assemblée Nationale © CC Julie70

Ce qui ne signifie pas que les lois les régissant ne sont pas susceptibles de modifications.

Raymond Aron disait qu'il faut armer la sagesse : parfois, celle-ci peut avoir besoin de dispositions nouvelles. A plusieurs reprises, le législateur a aménagé la loi de 1881 sur la liberté d'expression, au motif qu'elle n'était pas par définition supérieure à toutes les autres.

Ainsi, en 1972, ne sont plus seulement punies l'injure et la diffamation raciste mais la provocation à la discrimination et à la haine. Puis la négation du génocide juif progressant, le gouvernement et le législateur croient nécessaire d'intervenir. Charles Pasqua serait resté ministre de l'Intérieur après 1988, la loi aurait pu porter son nom. La configuration politique de 1990 a fait qu'elle porte le nom d'un député communiste.

Elle concernait seulement les médias écrits et audiovisuels; à notre époque où la massification du numérique permet de disséminer n'importe quel document sur des millions de téléphones portables, on pourrait déplorer son "antiquité". En même temps, certains lui reprochent sa nocivité : elle aurait été à la fondation d'un ensemble composite de lois mémorielles qui amèneraient le règne de la "repentance", de la "victimisation" et du "communautarisme".

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