Affiche apposée à Limoges au lendemain de la libération de la ville par la Résistance le 21 août 1944
Affiche apposée à Limoges au lendemain de la libération de la ville par la Résistance le 21 août 1944 © domaine public

" De 1940 à 1942, il a été, en Limousin, l’incarnation de la résistance civile puis l’organisateur du maquis le plus important de la région." Les tribunaux de Vichy le condamnent par trois fois aux travaux forcés. En vain. C’est avec lui que le général allemand commandant Limoges négocie sa reddition : il n’est pas beaucoup de villes en France qui aient été libérées dans ces conditions. Il sera d’ailleurs maire de la ville jusqu’en 1947. Le Parti communiste a bien dû lui donner son étiquette, alors que beaucoup de ses dirigeants le considèrent depuis longtemps comme un "Robin des Bois" indiscipliné. Le général de Gaulle l’a nommé Compagnon de la Libération.

1954…Quel changement... Guingouin connaît une descente aux enfers. Les notables socialistes ont repris la mairie de Limoges – ils la considèrent comme leur propriété, peu importe ce qu’ils ont oublié de faire pendant l’occupation. L’appareil communiste s’est débarrassé de Guingouin. Il n’y a à l’époque pas loin de la liquidation politique à la liquidation physique. Si les communistes n’y procèdent pas, d’autres peuvent s’en charger. Dans la police et la magistrature, œuvrent encore des anciens de Vichy. Guingouin est emprisonné à la Noël 1953 pour un meurtre de paysans avec lequel il n’a rien à voir. Des matons de la prison de Brive le tabassent et le laissent pour mort en février 1954. Il n’est libéré qu’en juin 1954.

Il y a ceux qui considèrent que la corruption et la lâcheté sont partout et que, somme toute, aucune position politique ne mérite d’être privilégiée. Il y a ceux qui considèrent que, dans la résistance, veillait une part incorruptible de morale : voyant le sort réservé à Guinguoin, et qu’était ouverte une brèche où disparaîtrait le souvenir de la Résistance, ils le défendirent avec acharnement. En 1959, Guingouin est réhabilité par la justice, en 1998 par le Parti communiste. Il meurt en 2005 dans la lumière des Purs. Entre Haute-Vienne et Haute-Corrèze, pays récemment secoué par une autre affaire manipulée, celle de Tarnac, on lit souvent des inscriptions toutes fraîches : « Guinguoin vaincra ».

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