Manifestation à Buenos Aires en 2002, où on peut lire : "Banques, voleurs, rendez-nous nos dollars !"
Manifestation à Buenos Aires en 2002, où on peut lire : "Banques, voleurs, rendez-nous nos dollars !" © cc / Pepe Robles

On se souvient de l’étonnante déclaration faite au débotté par François Fillon en Corse, le 21 septembre 2007, sur les finances françaises - laquelle mit en fureur le président Sarkozy.

Le droit commercial, c’est un droit pragmatique : on attend simplement de lui qu’il établisse, en s’approchant au plus près du concret, un minimum d’honnêteté et, en tout cas, de sécurité dans les relations d’affaires. En droit commercial, l’existence précède l’essence.

Quand il s’agit des états, on est – ou du moins, on était – dans un tout autre registre. L’état peut-il être liquidé comme une simple entreprise ? Non. Il peut être tué par un autre état comme, d’ailleurs, il peut le tuer. Mais, pour prendre le cas de la monnaie, dès lors qu’il en imprime une, il la marque du sceau de sa puissance et il est entendu qu’il gage sa valeur. S’il passe, comme c’est aujourd’hui généralement le cas, par une banque centrale, il en garantit le capital de même que la banque centrale garantit le remboursement de la dette publique.

Pourtant, depuis qu’il y a des banques privées, l’état s’est retrouvé de fait en concurrence avec elles en matière de création monétaire : dès lors que les banques accordent des crédits, elles créent, à leur façon, de la monnaie. La monnaie scripturale qui circule par simple jeu d’écritures échappe largement à l’état. Aujourd’hui, des entreprises privées peuvent même envisager de faire circuler leur propre monnaie sur internet.

Dans ce grand jeu mondialisé, où, de surcroît, des regroupements de pays peuvent expérimenter l’union monétaire, comment l’état peut-il garder son être politique propre ?

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