Fin mai 1789, la situation est très tendue dans toutes les provinces.

Le Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789 - par Auguste Couder - 1848
Le Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789 - par Auguste Couder - 1848 © domaine public - 2016 / Musée national du Château de Versailles

La population, chauffée à blanc depuis des mois par la préparation des élections et la rédaction des cahiers de doléances, attend un soulagement.

Or les Etats généraux, depuis qu’ils siègent le 5 mai, n’ont pas résolu la contradiction explosive qui a présidé à leur convocation. Le roi a accepté de donner aux élus du Tiers, le doublement leur nombre, une majorité virtuelle. Mais il a maintenu la coutume de vote séparée des trois ordres, ce qui maintient de fait à la noblesse et au clergé les privilèges.

Depuis le 5 mai, les députés du Tiers pressent en vain la noblesse et le clergé de se réunir à eux. En vain. Depuis au moins 2 ans, certains esprits pionniers font le rêve d’une Assemblée nationale. Les membres les plus avancés du Tiers veulent maintenant la réaliser avec leurs alliés de l’aristocratie libérale et ceux du bas clergé. Ils deviendraient tous des représentants de la Nation qui ne seraient plus déterminés par leur appartenance à un ordre ni même à une province. Individus libres, ils pourraient parler au nom de tous.

En attendant, ils sont réduits à l’inaction par la question de la vérification des pouvoirs, qu'en prélude des temps nouveaux, ils veulent faire en commun tous ordres confondus; ce que n’accepte pas le clergé, encore moins la noblesse. La route qui relie Versailles à Paris est parcourue de rumeurs et de courriers en tous sens : une assemblée parallèle se tient au palais Royal dans la capitale qui presse le Tiers d’agir. Mais comment affronter le roi, emmuré dans le chagrin –il vient de perdre un fils- et la tradition, il ne conçoit qu’une la société d’ordres. C’est à peine si ses ministres esquissent un demi-pas le 28 mai, proposant comme solution de conciliation que chacun des trois ordres procède à la vérification de ses membres sous leur arbitrage. Le clergé accepte mais la noblesse demande à réfléchir. A la Chambre des Communes, celle du Tiers, ce sont deux transfuges qui expriment l’impatience qui gagne. L’abbé Sieyès, auteur du fameux « Qu’est-ce que le Tiers Etat ? » et le vicomte de Mirabeau. Tous deux ont choisi d’être élus par le Tiers.

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