Au dernier conseil suprême franco-britannique qui se tient le 13 juin, Churchill, pour retarder l'échéance qui vient, demande au Français de lancer avec lui un appel à Roosevelt avant de se résoudre à une demande d'armistice et à une paix séparée.

Le président Franklin D. Roosevelt visitant les chantiers navals de Boston en août 1940
Le président Franklin D. Roosevelt visitant les chantiers navals de Boston en août 1940 © AFP / Thomas D. McAvoy

Depuis la déclaration de guerre de septembre, Roosevelt a en effet infléchi ses positions et manifesté de plus en plus ouvertement ses sympathies pour les Alliés.

En 1932, il avait été élu sur un programme économique strictement national et les années qui ont suivi, il a dû tenir compte d'une opinion publique et d'un Congrès isolationnistes qui lui ont imposé trois Neutrality Acts successifs. America first! Cependant, Roosevelt est conscient depuis 1936-1937 de la montée des périls. Il sait que la frontière des Etats-Unis est aussi sur le Rhin, face aux forces de la haine. Il dénonce régulièrement les trois états bandits : Allemagne, Italie, Japon...

En 1939-1940, sans annoncer jamais une participation directe des Etats-Unis au conflit, il fait le maximum pour aider la Grande Bretagne et la France, profitant d'une évolution de l'opinion qui lui doit d'ailleurs beaucoup.

Mais quand  vient de France l'appel pathétique de Reynaud, que peut-il vraiment? C'est le Congrès qui décide de la guerre et l'élection présidentielle aura lieu dans trois mois.

On a souvent comparé la politique de Roosevelt à ce moment au parcours de la truite qui suit son chemin dans la rivière mais en se dérobant souvent aux regards derrière les rochers. C'est tout un art, pour un homme d'état, que de rendre possible ce que les circonstances  semblent empêcher. Et il faut bien employer le double jeu.

Exposition Comme en 40, du 17 septembre 2020 au 10 janvier 2021 au Musée de l'Armée à Paris. Cette exposition a pour ambition de mettre en lumière l’ensemble de la situation française, tant des points de vue militaires, politique, stratégique, économique, qu’idéologique, sociaux et culturels. Elle sera divisée en deux grandes parties, la France en guerre, ainsi que la  défaite française et la poursuite des combats par la France libre et la résistance.

Bibliographie :

  • Les Français de l'an 40 de Jean-Louis Crémieux-Brilhac (Gallimard).
  • Juin 40 de Gilles Ragache (Perrin).
  • Weygand, l'intransigeant de Max Schiavon (Tallandier).
  • Comment Roosevelt fit entrer les Etats-Unis dans la guerre de Arnaud Blin (Archipoche).
  • De Gaulle et Roosevelt. Le duel au sommet de François Kersaudy (Tempus/Perrin).
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