Richard de Wallingford montrant du doigt une horloge - Golden Book of St Albans - 1380
Richard de Wallingford montrant du doigt une horloge - Golden Book of St Albans - 1380 © domaine public / British Library

Les rythmes, c’est une affaire de pouvoir. Quand apparaissent les horloges mécaniques, les rois seront les premiers à les propager. À la fin du XIVe siècle, Charles V en dispose dans ses palais. Quand l’empereur du Saint Empire romain germanique vient lui rendre une visite d’état, la chronique retient tout d’un emploi du temps chargé en commençant à utiliser un vocabulaire précis : à trois heures de l’après-midi, les souverains ont fait ceci… Le temps commence à être soumis à la mesure.

C’est elle, peu à peu affinée, de plus en plus abstraite et impérieuse qui nous permet aujourd’hui de tout organiser, depuis la circulation dans les airs jusqu’à la communication sur la Toile.

Le récit de la visite de l’empereur au roi en 1378 fait référence à des heures précises et aussi à des moments profanes : c’est après boire que les souverains se sont dit ceci ou cela… Mais, comme nous sommes dans un temps de transition, il est encore fait état des offices que, chaque jour, respectaient les moines et les chanoines.. Tierce, sixte, none… Des moments de rassemblement qu’appelaient les cloches et où le parcours du soleil s’inscrivait différemment dans l’architecture des églises : longtemps, dans une civilisation d’abord rurale, on se tint toujours dans cette grande dépendance à l’égard de la lumière du jour. Mais ce temps naturel était surtout un temps surnaturel. L’axe, le gond qui permettait d’ouvrir et de fermer toutes les portes, c’était l’Incarnation du Fils de Dieu. C’est pour cela que la semaine débutait le dimanche car il s’agissait d’en faire mémoire et non pas le lundi, car le plus important n’était pas le travail et sa rationalité. C’est pour cela qu’on célébrait l’anniversaire de la mort et non celui de la naissance puisque la mort était la naissance au vrai monde.

Comment retrouver ces rythmes, si différents des nôtres qu’ils ne portaient même pas le nom de rythmes ?

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