Nous ne sommes pas dans l’épure de la résistance à l’européenne : le discours des droits de l’homme, l’universalisme, la liberté de l’individu. Nous sommes même au-delà du combat politique ou national. L’ennemi, c’est une engeance qui menace l’humanité même.

L'unité polonaise de Pinsk passée en revue par le Major Général Vasily Korzh (3e en partant de la droite) - 1er août 1943
L'unité polonaise de Pinsk passée en revue par le Major Général Vasily Korzh (3e en partant de la droite) - 1er août 1943 © AFP / RIA Novosti / Sputnik

Si, quelque chose est passée en France de la mémoire des partisans soviétiques, c’est par le superbe chant créé en 1943 par Anna Marly.

Mais la résistance française et la guerre dans l’immense zone soviétique conquise par les Allemands après l’opération Barbarossa, ce sont deux expériences incommensurables. « Prendre le maquis » chez nous, dans la montagne, n’équivaut pas terme à terme à « partir en forêt » : les hommes et les femmes qui l’ont fait en Biélorussie et en Ukraine, ont vécu des années littéralement formidables. Le premier sens du mot « formidable », avant « inspirer le respect », c’est « inspirer la peur ».

Il faut savoir que la Biélorussie à elle seule a connu plus de 600 Oradour. Nous sommes dans des terres de sang. Sang des victimes civiles. Sang des combattants. Sang des ennemis et des traîtres.

Nous ne sommes pas dans l’épure de la résistance à l’européenne : le discours des droits de l’homme, l’universalisme, la liberté de l’individu. Nous sommes même au-delà du combat politique ou national. L’ennemi, c’est une engeance qui menace l’humanité même. C’est ainsi que la guerre devient une guerre de tous contre tous. Le partisan hérite du bolchevisme mais aussi du langage messianique – sans doute est-ce un peu la même chose. Il vit, à la lumière des incendies, une apocalypse.

Ce territoire désolé avait déjà englouti la Grande Armée, en 1812. Il avait déjà connu l’occupation pendant la Première Guerre. Puis la guerre civile. Puis les horreurs sans nom du stalinisme.

Peut-il en rester autre chose que des deuils jamais achevés ?

Et demain, aux confins, ce sera Tchernobyl.

Programmation musicale : "Belarussia"par Pesnyary (1976)

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.