Les alliés occidentaux d’une part, l’URSS d’autre part ont toujours célébré à un jour de distance la victoire sur les Nazis.

Vladimir Poutine a la tête de la marche du Régiment immortel à Moscou en 2017
Vladimir Poutine a la tête de la marche du Régiment immortel à Moscou en 2017 © Getty / Mikhail Metzel

Dès 1946, Staline a supprimé le défilé militaire. Pour lui, la révolution d’octobre, le Premier mai revêtaient davantage d’importance : le grand effort patriotique commun de 1941-1945 avait eu sa nécessité mais le primat devait revenir aux acquis du communisme.

Sous Poutine, le langage a changé. Les terribles luttes idéologiques du XXème siècle entre Rouges et Blancs ne sont plus de saison, c’est la Russie millénaire qui l’a emporté. La Russie qui garde la foi en elle-même et doit retrouver son espace naturel.

S’il y a toujours des fascistes, ce sont ceux qui contestent cette vocation éternelle de la Russie. Le 9 mai  qui est devenu la cérémonie la plus importante de l’année commence par un défilé militaire qui se veut chaque année plus impressionnant. Mais les armes ne suffisent pas, il faut aussi les larmes. Le défilé est prolongé par un cortège des civils où chacun est invité à  porter le portrait d’un de ses morts - Poutine, le premier,  affiche la photo de son père, un « soldat comme les autres » qui a donné sa vie à la patrie. Les disparus ainsi associés aux vivants forment le « Régiment immortel ». L’année passée, ils étaient peut-être dix millions à le composer, à travers tout le pays, dans un grand concours de drapeaux russes et aussi soviétiques.

Les images que les télévisions officielles diffusent des heures durant  peuvent avoir des aspects bon enfant. Mais il faut entendre les hymnes qui y sont repris. C’est eux qui lui donnent sens. Et on ne peut pas dire qu’ils invitent à la paix. La paix qu’au moins pendant la guerre froide, on avait pris l’habitude d’invoquer mécaniquement. Les automatismes ont changé.

Bibliographie :

Le régiment immortel de Galia Ackerman (Premier Parallèle).

Traverser Tchernobyl de Galia Ackerman (Premier Parallèle).

L'Ukraine, n°57, 2015, La règle du jeu.

Filmographie :

Alexandre Nevski de Sergueï Eisenstein et Dmitri Vassiliev, 1938.

La bataille de Sébastopol de Sergueï Mokritski, 2015.

Chanson Guerre sacrée de V.lebedev-Koumatch et musique d'A.Alexandrov.

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