En 1761, à Toulouse, l’affaire Calas se déroule sur fond de conflit religieux entre protestants et catholiques, rendue célèbre par l'intervention de Voltaire. Pour en parler, Jean Lebrun accueille Benoît Garnot, biographe de Voltaire, dans son émission "La Marche de l'Histoire".

L'affaire Calas, par Carmontelle
L'affaire Calas, par Carmontelle © BNF

Jean Calas aurait commis en somme, un « filicide », comme il y a des parricides. Il est curieux que ce type d’accusation, aussi inouï qu’il paraisse, revienne régulièrement.

En Alsace annexée entre 1870 et 1914, des pères de famille pro-allemands ont été accusés d’avoir crucifié leurs fils parce qu’ils chantaient la Marseillaise. Et en 2015, on parle beaucoup des « crimes d’honneur » qui seraient préparés par des tribunaux familiaux musulmans, outrés du comportement trop libre de leurs filles.

Mais ce n’est certes pas ainsi qu’on peut expliquer la forte présence, aujourd’hui, de l’affaire Calas.

On sait qu’en plein milieu de son combat pour la réhabilitation du toulousain, en 1763, Voltaire publia un Traité sur la Tolérance

Or, après les attentats des 7 et 8 janvier 2015, les ventes de ce livre se sont envolées, spontanément, comme si la France de Voltaire et de de Dreyfus, qui savait qu’elle était la cible des assassins, revenait spontanément à l’affaire Calas comme à une source.

Évidemment celle-ci n’est pas un lac de cristal. Les historiens aiment les impuretés. Citons en quelques-unes :

Ainsi, la justice de l’époque était-elle aussi caricaturale que le prétendait Voltaire ? 

Et la République des lettres aussi secourable ? 

L’extraordinaire réseau de correspondances et de salons qui l’irriguait s’était longtemps contenté de lutter souterrainement contre la routine des orthodoxies.

Pourquoi Voltaire, qui était l’un de ses princes, enleva-t-il soudain la mouche de son fleuret et attaqua- t-il soudain bille en tête ? 

Parce que l’Ancien Régime s’adoucissait. Le combat pour Calas était possible parce que l’adversaire, gagné de l’intérieur, y consentait. 

Il faut le dire aussi.

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