Yersinia pestis… La maladie a sévi pendant deux ans. Elle a fauché environ 40% des marseillais et un pourcentage parfois plus fort encore parmi les Provençaux. Peut-être la ville a-t-elle connu une épidémie plus meurtrière dans son histoire mais dans sa mémoire, la peste de 1720-1722 est sans pareille.

Vitrail de la Basilique du Sacré-Coeur à Marseille représentant les échevins de la ville en fonction à l'époque de la peste
Vitrail de la Basilique du Sacré-Coeur à Marseille représentant les échevins de la ville en fonction à l'époque de la peste © Getty / Jean-Marc ZAORSKI

  Les innombrables images qui ont cherché à représenter la frayeur qu’elle a provoquée ont fixé l’image des lieux les plus connus de la ville.

Elles ont répandu aussi la légende des héros qui ont cherché à tenir ensemble une population que la panique emportait. Le plus connu est l’évêque, Mgr de Belsunce. Encore assez jeune à l’époque, il a tenu à rester à Marseille jusqu’à sa mort bien plus tard, entouré d’une vénération générale. Pendant l’occupation allemande, sa statue fut dérobée pour échapper à la fonte et les Marseillais fêtèrent son retour au jour à la Libération, entourée de lampions. Du côté des civils, l’autre nom qui demeure est celui du chevalier Roze. Il prit en charge l’enlèvement des cadavres, d’abord avec des volontaires puis avec les galériens qui échangèrent leur liberté contre une tâche qui, en réalité, ne leur laissait pas de chance de survie. 

Sans doute ces galériens méritent-ils eux aussi d’être qualifiés de héros. Et d’ailleurs, qu’est-ce qu’un héros ? Les échevins tinrent généralement leurs postes même s’ils furent accusés de n’avoir pas, au départ, mis en quarantaine assez stricte le bateau, le Grand Saint Antoine  qui avait apporté  la maladie. Issus du milieu des armateurs et des négociants, ils n’avaient pas voulu compromettre le commerce mais ensuite, ils firent preuve d’esprit de responsabilité. Les sentinelles qui n’ont pas le courage ou l’inconscience d’excéder leur rôle et le remplissent simplement, étroitement, sont indispensables en cas de danger.

Bibliographie :

  • Histoire d'une ville : Marseille de Régis Bertrand / Collectif (Canopé –CNDP).
  • Le Christ des Marseillais. Histoire et patrimoine des chrétiens de Marseille de Régis Bertrand (la Thune).
  • Patrimoine funéraire français : Cimetières et tombeaux de Régis Bertrand, Guénola Groud (Editions du Patrimoine).
  • Les Hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens de Jean-Noël Biraben (Mouton).

Chanson La peste de La maison Tellier

Les invités
  • Régis BertrandProfesseur émérite d’Histoire moderne à l’université de Provence Aix-Marseille 1
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