Charles Dupin, gravure du XIXe siècle
Charles Dupin, gravure du XIXe siècle © domaine public

Nous sommes sous la Monarchie de Juillet. L’époque a le goût du calcul et des grands nombres. Ainsi, elle multiplie les enquêtes statistiques sur les populations françaises. En sort un constat qui provoque l’effroi : de grandes migrations ont commencé dans le silence, elles amènent quantité d’hommes, de femmes, d’enfants vers des usines qui poussent comme des champignons et des faubourgs où stagnent des foules aux comportements imprévisibles.

Le pouvoir est alors exercé par un cercle bourgeois où les libéraux de stricte obédience auraient tendance à dire : « Malheur au pays dont le gouvernement s’immiscerait dans l’industrie ». Mais en même temps, comment ne pas s’inquiéter de ceux qui vont naître et grandir dans ces nouveaux cercles de l’enfer que construit la révolution industrielle. Est-il normal que des familles misérables doivent contraindre leurs enfants à travailler à sept, huit ou neuf ans, pour assurer un peu de pain au foyer ? Les parlementaires de la Monarchie de Juillet ne savent plus très bien où situer la barbarie : est-elle au cœur de ce système capitaliste qui produit une telle exploitation ou bien la barbarie se tient-elle dans la sourde révolte des populations laborieuses qui battent les murs des centres-villes et peuvent devenir du jour au lendemain des classes dangereuses.

En 1840, deux chambres fonctionnent comme aujourd’hui : la Chambre haute siège, comme aujourd’hui, au palais du Luxembourg ; les Pairs, héréditaires ou nommés qui la composent prétendent disposer du calme et de l’intelligence que permettent les situations acquises. Ils vont, dans leur sagesse, muscler un timide projet de loi gouvernemental qui visait, mollement, à limiter un peu le travail des enfants.

Avec les comédiens de la Comédie-Française :

Michel Favory

Bruno Raffaelli

Loïc Corbery

Hervé Pierre

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