On se souvient de l’éloquence pédagogique dont faisait preuve Georges Duby. À l’occasion du centenaire de sa naissance, la Pléiade publie un volume de ses œuvres. Il fait partie des plus éminents historiens médiévistes à avoir travaillé sur l’imaginaire de la société féodale dont l'idéal de la chevalerie.

Chevalier sur une fresque de la chapelle templière de Cressac
Chevalier sur une fresque de la chapelle templière de Cressac © Getty / DE AGOSTINI PICTURE LIBRARY

La société médiévale était divisée en trois ordres

  • Ceux qui travaillent, 
  • Ceux qui prient,
  • Ceux qui combattent

Les rangs de ceux-ci étaient renouvelés, génération après génération, par les chevaliers – des essaims de jeunes qui, déboulant des châteaux, étaient prêts à toutes les aventures. C’était l’effort de ceux qui priaient avec à leur tête pape et évêques de juguler l’ardeur de ces jeunes gens affamés d’aventures. Au XIe siècle furent inventées à cet effet la paix de Dieu et la trêve de Dieu qui devaient réguler la violence en Occident et les croisades qui la dirigeaient vers l’Orient.

Georges Duby décrit ensuite l’institutionnalisation de la chevalerie qui coïncida avec l’émergence de la culture courtoise et la fixation des règles du mariage.

Mais à peine la chevalerie institutionnalisée dans le temps plein des XIIe et XIIIe siècles, sa crise commence. Dans la première moitié du XIVe siècle, les défaites françaises de Courtrai puis de Crécy montrent qu’elle n‘est plus la garante de la souveraineté du roi. Les techniques de la guerre se sont modifiées, le rôle des hommes à pied grandit. Philippe le Bel élargit le recrutement des défenseurs du royaume et imagine déjà un service militaire universel…

Néanmoins l’idéal de la chevalerie perdurera. Peu importera son utilité. Ce qui compte, c’est ce qui ne se mesure pas : le courageL’esprit chevaleresque, c’est le décalage par rapport au temps actuel, forcément décevant et que le chevalier se sent appelé à relever.

Bibliographie :

  • Féodalité de Georges Duby (Quarto Gallimard).
  • œuvres de Georges Duby (Pléiade).
  • La légende du roi Arthur. 550-1250 de Martin Aurell (Perrin).
  • Le Chevalier lettré. Savoir et conduite de l'aristocratie aux XIIe et XIIIe siècles de Martin Aurell (Fayard).
  • Les noces du comte. Mariage et pouvoir en Catalogne (785-1213) de Martin Aurell (publications de la Sorbonne).
Les invités
  • Martin AurellProfesseur d'histoire du Moyen Age à l'Université de Poitiers
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