En hommage à Jean-Louis Crémieux-Brilhac, décédé ce mercredi, Jean Lebrun a choisi de rediffuser ce vendredi 10 avril l’émission consacrée à Pierre Mendès-France dont il fut l’invité (Première diffusion le 9 mars 2011).

Pierre Mendès-France sur son bureau, en 1955
Pierre Mendès-France sur son bureau, en 1955 © corbis

Avant de devenir à Londres le chef du service de diffusion clandestine vers la France, Jean-Louis Crémieux-Brilhac entendait le général de Gaulle lui dire : « la ligne droit est le plus court et le plus sûr des chemins » . Dans la réalité, cela avait été plus compliqué : prisonnier des Allemands, Crémieux l’avait été ensuite des Soviétiques. Il avait frôlé le goulag mais faisait la différence avec les camps d’extermination nazis dont il fut à Londres l’un des premiers informés.

Chacun des Français libres n’avait-il pas connu un parcours heurté ? N’était-il pas un roman à lui seul ? Une détermination forte les avait tous jetés à Londres alors qu’ils venaient des rivages les plus divers. Ils avaient trouvé la boussole, ils suivraient l’aiguille : « Nous étions, disait Crémieux, des jeunes gens gonflés à mort et qui n’avaient rien à perdre mais nous n’étions pas des têtes brûlées. »

Crémieux était même une tête très bien faite. Il est rare qu’un acteur des évènements soit capable d’assez de distance avec lui-même, d’assez de respect face aux archives, pour en devenir l’historien le plus exact. Crémieux fait exception, ses ouvrages sur la France libre sont des références sans pareil.

Avant de dédier sa dernière vie à la recherche, Crémieux en avait consacré une entière au service de l’Etat. Quand on considère la chose publique aujourd’hui, on a quelque difficulté à se représenter les grands fonctionnaires d’après-guerre. C’étaient les meilleurs qui choisissaient d’entrer au service de la République et d’y rester. Il n’était pas question de chercher l’opportunité d’en sortir pour monnayer l’étendue de ses relations. D’ailleurs, un haut fonctionnaire n’avait pas de relations, il avait un rôle.

C’est ainsi que Crémieux s’est retrouvé tout naturellement au cabinet de l’inspirateur de la « République moderne », Pierre Mendès-France, président du Conseil en 1954-1955. Nous rediffusions ici une Marche de L’Histoire du 9 mars 2011 où Crémieux évoquait notamment sa rencontre avec le Mendès-France des années de guerre, avec sa parole aussi sûre que modeste. Il avait alors 94 ans.

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Le 18 juin 2010, France Inter était à Londres pour 18h de direct. Jean-Louis Crémieux-Brilhac était l'invité, avec Stéphane Hessel, de la matinale de Nicolas Demorand

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Pierre Poujade contre Pierre Mendès France Attaque de Pierre Poujade contre Pierre Mendès France en 1955

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