Vimy, dans le Pas-de-Calais : 3600 morts en dix jours. En quatre ans de guerre, plus de 60000 morts. Soit 10% des effectifs que le Canada a engagés en Europe.

La statue de granit du "Brooding Soldier" (le soldat en méditation), le Monument commémoratif canadien aux morts de la Première Guerre mondiale.
La statue de granit du "Brooding Soldier" (le soldat en méditation), le Monument commémoratif canadien aux morts de la Première Guerre mondiale. © Getty / Dennis K. Johnson

Vimy, dans le Pas-de-Calais : 3600 morts en dix jours. En quatre ans de guerre, plus de 60000 morts. Soit 10% des effectifs que le Canada a engagés en Europe, essentiellement en Flandre et dans l’Artois. Le Canada, dominion de l’Empire, avait été entraîné dans le conflit. Il n’avait à en attendre nulle extension territoriale mais il en tira au traité de Versailles une vraie reconnaissance internationale. Dès les années 1920, un symbole fut choisi par Ottawa pour marquer cette entrée dans le grand jeu mondial : la prise de la crête de Vimy par les quatre divisions canadiennes pour la première fois alignées côte à côte, dans le cadre de la bataille d’Arras, en avril 1917. En 1936, au moment de l’inauguration du mémorial de Vimy, l’un des plus impressionnants de la région, le général Ross déclara : « Ici, c’est tout le Canada de l’Atlantique au Pacifique qui passait : j’ai pensé alors que j’assistais à la naissance d’une nation ». Le Premier ministre Justin Trudeau a repris hier ce thème mot à mot.

Il y a une dizaine d’années, alors qu’il était encore seulement un jeune premier, il a tenu sur les écrans le rôle du soldat Talbot Papineau. Un soldat francophone dans une production de quatre heures sur la Grande Guerre. Mais une production en anglais. L’histoire militaire et patriotique du conflit s’est en effet écrite longtemps dans la langue dominante au Canada. En français, on a insisté bien davantage sur une autre face : le refus par les canadiens français de la conscription obligatoire, telle qu’elle fut imposée à partir de 1917.

D’un côté, l’idée qu’une nation se construit par la conscience du sacrifice que font ses membres. De l’autre, une nation qui se bâtit sur la résistance au pouvoir du plus fort. Même si l’indépendantisme québecois est aujourd’hui en repli, la contradiction entre ces deux mémoires de la Grande Guerre n’est pas encore complètement surmontée au Canada.

Pour plus d'informations :

Les éditions Athéna, éditions québecoises spécialisées notamment dans l'histoire militaire.

Le site du mémorial de Vimy.

Expositions :

"Vimy 1917, La guerre souterraine des Canadiens", au centre d'Histoire Guerre et Paix de Lens.

"Je me souviens : Vimy 100", à la médiathèque de Givenchy-en-Gohelle.

Programmation musicale : "Monsieur le Roi", de Paul Gury (1916), interprété par Claire Lafrenière*.
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